Planification de la retraite et REER
Sondages: dites-vous?
Tous les jours, des sondages sont publiés sur la politique, la santé, l’activité physique et bien d’autres sujets. Bien sûr, les finances personnelles n’échappent pas aux sondeurs. Option Retraite porte un regard sur certaines études sorties depuis moins d’un an, afin de voir ce qu’elles révèlent.
Pourquoi les 20-29 ans n’investissent-ils pas dans un REÉR?En mars 2006, Ipsos Descarie a publié dans son bulletin électronique un résumé d’un sondage réalisé pour le compte de la Banque Laurentienne. Celui-ci révélait que 79 % des jeunes pensent qu’il faut commencer à investir dans ses REÉR avant 25 ans, 66 % des 20-29 ans estiment que les personnes qui investissent dans des REÉR démontrent de l’intelligence et 60 % d’entre eux prévoient épargner pour leur retraite dans l’année à venir. Mais, plus important, ce sondage indiquait qu’outre les évidentes raisons financières, liées à l’insuffisance des fonds disponibles, la non-sensibilisation parentale à l’importance d’épargner était une raison de ce faible taux de cotisation au REÉR des personnes âgées de 20 à 29 ans. Les jeunes qui ont (régulièrement) discuté de la question avec leurs parents montrent ainsi une propension à cotiser nettement plus développée. Si vous n’avez jamais abordé ce sujet avec vos enfants, il n’est pas trop tard pour le faire. Il ne faut pas oublier que le meilleur allié d’un épargnant au-delà des rendements, c’est le temps qu’il a devant soi avant sa retraite.
La mort, un dur coup financier pour la retraite
En juillet dernier, Statistique Canada a analysé les conséquences financières d’un décès au Canada. L’organisme s’est penché sur les données de 1993 à 2003, en étudiant particulièrement les revenus en fonction de la taille de la famille. Constatation: la mort d’un conjoint n’a pas que des répercussions émotionnelles; elle génère aussi un impact financier important, surtout pour les femmes, quand il y a perte de revenus d’emploi ou de pension. L’étude révèle que les femmes qui ont perdu leur conjoint voient leur revenu médian de 25 800 $ chuter de 15 % sur 5 ans et leurs revenus de pension diminuer de 28,6 %. De plus, 72 % des veuves s’appauvrissent, alors que 8,7 % d’entre elles se trouvent dans une situation de faible revenu. Du côté des hommes, la perte de la conjointe entraîne à court terme une hausse du revenu médian de 27 800 $ à 29 400 $, soit une augmentation de 5,8 %. Les hommes ne perdent que 1,1 % de leurs revenus de pension. Par contre, 51 % des veufs ont subi une perte de revenu 5 ans après la mort de leur conjointe et 5,1 % des hommes se retrouvent dans une situation de faible revenu. Faut-il en être surpris? Pour les professionnels de la finance, ce sondage n’a rien de surprenant. Pour les particuliers, il amène une importante prise de conscience. «Suis-je concerné? Si oui, quel en sera l’impact?» Lorsque le mari décède, la pension qu’il recevait est modifiée. Dans certains cas, elle disparaît complètement ou elle est maintenue, mais diminuée. Si elle continue d’être versée, sa durée est parfois écourtée. Peut-on y faire quelque chose? Bien sûr que oui. La souscription à une assurance-vie peut être un bon moyen de se prémunir contre une telle situation. Parlez-en à un professionnel des finances ou des assurances.
La résolution de l’année: se mettre en forme financièrement et physiquement
Le 28 décembre dernier, le 15e sondage annuel sur les REÉR de la Banque Royale du Canada (RBC), réalisé par Ipsos-Reid, portait sur les résolutions des Canadiens. Appelés à choisir parmi six activités celle qu’ils devraient entreprendre rapidement, voici ce qu’ils ont révélé. Un même nombre de Canadiens (41 %) a cité «cotiser à un REÉR» et «commencer à faire de l’exercice». Les deux activités étaient classées au troisième rang, après la «production d’une déclaration de revenu» (66 %), mais avant «entreprendre un régime» (22 %). «Nettoyer le four» venait en dernier avec 17 %. Aviez-vous la résolution de cotiser à un REÉR? À quelques mois de la fin de l’année, il est toujours temps de vous y mettre, si ce n’est déjà fait. Un petit bilan s’impose. Est-ce que votre situation financière est aussi problématique que vous le pensez? D’une part, avec l’augmentation vertigineuse des prix des maisons, les Canadiens ont vu leur patrimoine familial s’apprécier grandement ces dernières années. D’autre part, combien fautil pour être en santé financière? Le montant varie beaucoup d’un ménage à l’autre. Le seul moyen de connaître votre bilan financier est d’avoir en main une projection qui vous indique si vous en aurez assez pour votre retraite. Votre conseiller en placements est en mesure de vous aider à ce sujet.
Retirer de l’argent de son REÉR, ça n’a pas de bon sens!
Selon une étude de la Banque Scotia publiée en janvier 2006, près de 1 Canadien sur 4 (23 %) a déjà retiré de l’argent d’un REÉR. Et 27 % des non-baby-boomers ont utilisé leur REÉR pour financer un achat quelconque. L’étude, qui analyse les attitudes et le comportement des Canadiens vis-à-vis des REÉR et des placements à long terme, a établi que ces retraits servent principalement à acheter une première maison, à couvrir les dépenses quotidiennes ou à rembourser des dettes. Selon l’étude en ligne réalisée par le Centre de recherche Decima en décembre 2005, la majorité des Canadiens (72 %) retirent généralement moins de 30 000 $ de leur REÉR, la plupart sortant de 5000 $ à 15 000 $ (27 %) ou moins de 5000 $ (27 %). Utiliser son REÉR pour s’acheter une maison en profitant du Régime d’accès à la propriété (RAP) ou pour retourner aux études grâce au Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REÉP) est tout à fait légitime. Cependant, pour toute autre situation, il existe peut-être de meilleurs moyens pour financer un besoin de liquidité vraiment justifié. Par exemple, une marge de crédit ou un prêt personnel sont sûrement des options possibles. Il ne faut pas oublier que plus vous pigez dans votre REÉR, plus vous vous éloignez de votre projet de retraite. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que toute somme retirée de votre REÉR, à moins que vous ne bénéficiiez du RAP ou du REÉP, sera massujettie à l’impôt, et ce, à votre taux marginal le plus élevé. Vous pourriez aussi subir de fâcheuses conséquences comme la perte de crédits d’impôt ou de certaines prestations gouvernementales. Comme vous le constatez, les sondages peuvent être riches en renseignements. N’hésitez plus à les regarder, à les analyser et à changer vos habitudes, si nécessaire.
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







