Planification de la retraite et REER
Profitez de votre retraite, faites un plan de vie.
Voici l’histoire d’un couple de retraités, Lise, 65 ans, et Jacques, 67 ans. Lise, 65 ans,a passé toute sa vie à la maison à élever ses enfants et elle veille maintenant sur ses petits-enfants. Jacques, 67 ans, a travaillé pour une grande compagnie manufacturière de Montréal.
Pendant que Lise s’occupe souvent de leurs quatre petits-enfants, Jacques s’adonne à son loisir favori, le golf. Parents de deux enfants, un garçon et une fille, ils vivent tous les deux dans un magnifique appartement de Montréal.Changement de conseiller
Janvier 2000, la retraite venue, Jacques décide de changer de conseiller en placements, car ce dernier se préoccupait davantage des sociétés en Bourse que des besoins du couple.
Après avoir consulté ses amis, le nouveau retraité déniche le conseiller qui lui convient, un spécialiste de la planification financière. Jacques et Lise établissent donc un plan de vie, avec l’aide de ce professionnel.
Le budget de Lise et de Jacques Le couple de retraités a pris le temps de bien faire son budget annuel.
Loyer 10 000 $
Assurance-vie, santé, auto et loyer 2 500 $
Nourriture 4 500 $
Location de la voiture 5 000 $
Essence et entretien 2 000 $
Voyages 7 500 $
Loisirs et sorties 3 000 $
Cadeaux 2 500 $
Dons aux enfants 3 000 $
Total 40 000 $
Objectifs, besoins et risques
Lise et Jacques ont, en premier lieu, mis sur papier leurs objectifs. Premièrement, ils veulent vivre pleinement leur retraite. Pour Jacques, il n’est pas question de baisser de qualité de vie. "Ne touchez pas à mon golf!" répète Jacques. Pour Lise, il est très important d’avoir toute la liberté possible pour gâter à son goût ses petits-enfants. Et les deux désirent voyager pendant que la santé le leur permet. Enfin, ils comptent laisser un certain montant à leurs enfants, si possible de leur vivant, afin de les aider pendant qu’ils en ont le plus besoin. Jacques n’a pas l’intention de prendre de risque. Il veut des valeurs sûres: pas question de miser sa retraite (voir encadré Le budget de Lise et de Jacques).
Le couple survivra-t-il à ses économies?
Nous avons ici un couple qui possède de belles économies. Jacques a retiré plus de 530 000 $ du fonds de pension de son employeur et il a réussi à accumuler au fils des ans plus de 245 000 $ en REÉR. Mais une question demeure, comme pour n’importe quel retraité: en aurai-je assez pour toute ma retraite? Avec l’aide d’un logiciel de projection financière, le conseiller en est venu à la conclusion que oui. En l’an 2000, les hypothèses prévoyaient un rendement de 8,5 % et une inflation de 2,5 %. Advenant le décès des deux retraités en 2020, ils auraient toujours plus de 395 000 $ en économies.
Après coup, ils ont regardé comment répartir cet argent afin de s’assurer des revenus annuels de 40 000 $ nets d’impôt. Il faut savoir que le couple reçoit 8 300 $ de la Régie des rentes du Québec (RRQ) et 5 400 $ du programme de pension de la sécurité de la vieillesse (PSV).
La répartition d’actifs
Au départ, le client avait près de 60 % d’encaisse, 36 % en actions et 4 % en obligations. Avec tout cet argent non investi, tout était à faire au plan de la répartition d’actifs. Puisque Jacques ne voulait plus investir dans les titres de sociétés inscrites en Bourse, ces derniers ont tous été vendus. Pour assurer la première année de revenu, 40 000 $ (5,2 % des actifs) ont été laissés à l’encaisse. Puis, 340 000 $ (43,9 %) ont été investis dans le marché des obligations, notamment dans les coupons détachés, afin d’assurer, entre autres, les revenus des quatre années suivantes. Le conseiller a profité des bons taux des obligations à long terme (arrivant à échéance en 2012, 2017 et 2029). Pour le reste, il a investi l’argent dans des fonds communs d’actions. Le client ne voulait pas investir dans des titres individuels, mais il était prêt à faire confiance à des gestionnaires professionnels. Comme le couple n’avait pas besoin de cet argent pour les cinq prochaines années, le risque était passablement réduit.
La répartition géographique
Bien souvent, les investisseurs font l’erreur d’investir tout leur argent en actions dans le marché canadien. Il ne faut pas oublier que ce marché ne représente même pas 3 % de la capitalisation boursière mondiale. Grâce au conseiller, le client a investi 28,6 % de ses avoirs au Canada, 11,6 % aux États- Unis et 10,7 % à l’international.
Nous venons de voir très rapidement ce à quoi un plan de vie peut ressembler, sans entrer dans le détail. Ce plan aurait bien pu toucher à d’autres points importants comme l’assurance, la fiscalité et la planification successorale. Au-delà de cette planification, il y a un autre point essentiel à respecter: le suivi. Un plan, c’est une chose, le réaliser en est une autre. Il est très important de revoir votre plan périodiquement, idéalement une fois par année.
Presque trois ans plus tard
En novembre dernier, Jacques, accompagné de son épouse, a rencontré son conseiller. Il était inquiet. Le bas de laine pour sa retraite était passé de 775 000 $ à 570 000 $. Les marchés boursiers ont été atroces depuis le début de sa retraite. Comment le couple allait-il faire pour affronter les 20 prochaines années? Cette question inquiétait Jacques à un tel point qu’il dormait difficilement.
La rencontre annuelle avec le conseiller tombait à point. Rapidement, ce dernier a remis les pendules à l’heure. "M. Jacques, depuis trois ans, vous avez retiré 175 000 $ avant impôt, afin de vous assurer le niveau que vous souhaitiez. Si nous additionnons ce montant aux 570 000 $ qu’il vous reste, on parle de 745 000 $ sur les 775 000 $ du départ, une perte de 3,9 % sur presque trois ans. Bien sûr, au début, nous avions prévu un rendement de 8,5 % par an. Mais vous allez voir, ce n’est pas si malheureux."
Dès lors, Jacques est soulagé. Sa situation ne semble pas aussi catastrophique. Avec la baisse des marchés qu’on a connue, est-ce possible? Dans ce cas-ci, la répartition d’actifs a permis d’épargner la mise de Jacques. Pendant que le marché boursier connaissait des ratés, le marché obligataire s’est apprécié au point de contrebalancer en grande partie les pertes boursières de Jacques.
La planification des revenus de Retraite
La clé de toute bonne planification repose sur les revenus de retraite. Dans ce cas-ci, le conseiller avait prévu les besoins de revenus de Jacques et de Lise pour les cinq premières années. Ainsi, le couple n’est pas obligé de vendre ses placements boursiers dans le bas du marché, car il reste encore les deux années de revenus prévues. Lorsque le marché reprendra, le conseiller pourra rééquilibrer le portefeuille afin de planifier à nouveau une séquence de cinq années de revenus de placements.
Prévision budgétaire
Lorsqu’on arrive à la retraite, il est très difficile de bien établir son budget. Lise et Jacques avaient surestimé leurs besoins de revenus. Au lieu des 40 000 $ prévus à l’origine, ils ont besoin de 36 000 $ par an. Il est très important, au début de sa retraite, de bien suivre ses dépenses afin de mieux connaître ses habitudes de consommation. Dans ce casci, le couple a eu droit à une bonne nouvelle. Une sous-estimation des dépenses aurait occasionné au contraire une situation moins agréable pour la réalisation du plan de vie.
En aurai-je toujours assez ?
Même si Jacques est rassuré par rapport à son bas de laine, il est tout même inquiet pour ses revenus futurs. Pourra-t-il s’offrir la même qualité de vie? Après l’analyse du conseiller, il a été possible de savoir qu’il faut 50 700 $ brut pour arriver à 36 000 $ net. Lorsque l’on déduit la RRQ et la PSV du couple, Jacques doit retirer 37 000 $ de son REÉR et-ou de son CRI. Pour ne pas toucher à ce capital, le rendement net du portefeuille de Jacques devra être de 6,5 %. Est-ce possible? Bien sûr, même si l’hypothèse de départ appréhendait un rendement réel (net d’inflation) de 6 % (8,5 % - 2,5 %). De plus, historiquement, après une forte baisse des marchés boursiers, la conjoncture économique s’est toujours bien rétablie.
Il n’y a rien d’inquiétant pour l’instant. À la suite de cette rencontre, le conseiller a effectué quelques changements dans le portefeuille de Jacques afin de profiter pleinement de la reprise des marchés boursiers.
Estimation des revenus
de retraite pour 2003
CRI 30 000 $
REÉR 7 000 $
RRQ 8 300 $
PSV 5 400 $
Total 50 700 $
Impôt (29 %) 14 700 $
Revenus après impôts 36 000 $
Mise en garde
Il sera très important que Jacques évite
d’avoir des revenus supérieurs à 56 968 $
en 2003, s’il ne veut pas provoquer le
remboursement partiel ou total de la PSV.
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







