Planification de la retraite et REER
L’art d’épargner
Dans cet article, nous présentons deux options aux gens de classe moyenne pour que l’épargne devienne plus systématique. Existe-t-il une réalité plus difficile que l’épargne? Pour les plus démunis, la question ne se pose même pas, car ils ont de la difficulté à se nourrir, se loger et se vêtir.
Pour les gens de la classe moyenne,la gourmandise de l’État avec ses impôts enlève à la majorité leurs illusions quant à leur capacité d’épargner. Pour les plus riches de cette société, l’épargne est ancrée dans leurs moeurs. Selon les experts en la matière, vous devriez épargner l’équivalent de 10 % de vos revenus bruts. En somme, si vous gagnez 60 000 $ par année, prévoyez mettre de côté 6000 $ annuellement. C’est facile à dire, mais pas aussi simple à réaliser. Faire un chèque de 6000 $ en début d’année comme cotisation REÉR, ce n’est pas évident. Plusieurs personnes reculent devant le défi quand vient le temps de sortir leur chéquier. Souvent, le temps des fêtes a laissé des marques – sous forme de dettes sur la carte de crédit! –, rendant la chose plus difficile. Alors que d’autres fois, le temps froid de l’hiver nous encourage à dépenser pour un voyage dans le sud plutôt qu’à investir pour nos «vieux jours».Avec un peu d’autodiscipline, vous arriverez à investir pour votre avenir. Comment? Première option: souscrire à un régime de prélèvement automatique sur le compte (PAC). Deuxième option: contracter un prêt personnel ou un prêt REÉR en vue d’investir les sommes ainsi recueillies.
Le régime de prélèvement Automatique
Le PAC est offert par de nombreuses compagnies de fonds communs de placement qui vous donnent la possibilité de contribuer à un de leurs fonds en investissant de petites sommes, mais régulièrement. Les montants sont directement prélevés sur votre compte bancaire personnel. Les modalités sont très souples: les retraits sont effectués toutes les semaines, aux deux semaines, deux fois par mois, tous les mois, tous les deux mois, etc.
Les options sont si souples qu’elles le sont trop; cette option a le défaut de sa qualité. En cas de coup dur, bien des gens ont comme première réaction d’arrêter leur programme de prélèvement automatique au lieu de trouver une autre solution à leur problème.
Cette manière d’épargner peut être considérée comme un salaire que vous vous versez. Avec le temps, vous ne ressentirez plus sur votre budget l’impact des 50 $ par semaine que vous investissez. Vous épargnerez sans douleur. Après une année d’investissement régulier dans le REÉR, l’épargnant aura une bien belle surprise quand il fera sa déclaration de revenus. S’il a fait une contribution de 50 $ par semaine, il recevra une retour d’impôts de 1102,40 $ si son taux marginal d’imposition est de 42,4 %. Il pourra utiliser ce beau montant pour une nouvelle cotisation REÉR, pour réduire son prêt hypothécaire ou pour se gâter! Autre exemple (voir tableau plus bas), si vous investissez 6 000 $ annuellement, soit l’équivalent de 500 $ par mois, vous vous retrouverez avec 457 420 $ après 25 ans de prélèvement automatique mensuel. Cette somme, une fois ajoutée à votre pension de sécurité de vieillesse et à votre prestation de la Régie des rentes améliorera certainement votre qualité de vie à la retraite.
Emprunter pour investir
L’autre option proposée consiste à emprunter un montant par l’entremise d’un prêt personnel ou d’un prêt REÉR. Par exemple, si vous voulez investir 6000 $ annuellement, soit 500 $ par mois, vous pourriez emprunter 24 750 $ à un taux d’intérêt de 8 %. Le remboursement du prêt s’étalerait sur 5 ans à raison d’une mensualité de 500,30 $.
Évidemment, cette option n’est pas faite pour tout le monde. Pour pouvoir emprunter 24 750 $, vous devez être en mesure de prouver que vous avez la capacité financière de rembourser le prêt. Alors qu’avec le prélèvement automatique la situation n’est pas aussi complexe. Le jour où vous n’avez pas les sous pour cotiser, il n’y a pas d’investissement, tout simplement. Par ailleurs, même si vous êtes solvable, l’option d’emprunt ne vous convient peut-être pas si votre situation d’emploi est précaire. Si votre employeur fait faillite, vous ne pourrez pas vous soustraire à votre obligation de rembourser le prêt.
Cependant, le fait d’avoir 24 750 $ tout d’un coup dans votre REÉR génère plein de possibilités. Par exemple, si votre revenu imposable est de 60 000 $, vous recevrez un retour d’impôt de près de 9750 $. Ce montant pourrait servir à une cotisation supplémentaire à votre REÉR, à rembourser partiellement votre prêt, à la rénovation de votre maison, aux études de vos enfants et, pourquoi pas, à réaliser le voyage dont vous rêvez tant!
Vous pouvez aussi vous prévaloir de certains régimes qui sont offerts avec le REÉR, notamment pour l’achat d’une première maison grâce au Régime d’accession à la propriété (RAP) ou bien pour effectuer un retour aux études grâce au Régime d’encouragement à l’éducation permanente (REÉP).
Si votre régime de retraite vous laisse peu de place pour des cotisations REÉR, vous pourriez investir ces 24 750 $ dans un compte non enregistré. Dans ce cas-ci, les intérêts de votre prêt sont déductibles sur votre déclaration annuelle de revenus. Ainsi, le prêt ne vous coûtera plus 8 % mais bien 4,61 % si votre taux marginal d’imposition est de 42,4 %.
Le régime de prélèvement automatique est généralement bénéfique, car il permet de tirer profit d’une stratégie d’épargne fort avantageuse.
Investir mensuellement
Si vous attendez à la fin de l’année pour cotiser à votre REÉR ou pour investir dans un compte non enregistré, sachez que vous jouer avec le feu et que vous n’avez rien à gagner. Au bout du compte, vous vous retrouverez avec moins d’argent à la retraite comme le tableau à la page précédente le démontre, car vous ne profiterez pas pleinement de l’effet composé. Après 25 ans, à raison de 500 $ par mois, la différence s’élève à 18 784 $ (457 420 $ au lieu de 438 636 $)! De plus, vous risquez de sauter une année ici et là et mettrez ainsi en danger la retraite que vous chérissez tant.
Le meilleur moment pour investir
Des analystes ont observé l’évolution du prix de la part du fonds de croissance Templeton sur une période de 25 ans, de 1977 à 2001, en le comparant à l’évolution du marché, ce dernier étant représenté par la moyenne de l’indice Dow Jones des valeurs industrielles. Ils ont conclu que si vous aviez investi 5000 $ annuellement dans le fonds de croissance Templeton quand le marché était à son sommet de l’année, vous auriez obtenu un rendement annuel de 14,05 % sur 25 ans. Par contre, si vous aviez investi annuellement la même somme mais le jour où le marché atteignait son creux annuel, vous vous seriez retrouvé avec un rendement annuel de 14,99 % toujours sur 25 ans. Nous parlons donc d’un écart de moins de 1% de rendement annuel entre les deux scénarios.
Par conséquent, il serait plus approprié de dire que le meilleur moment pour investir, c’est quand vous avez de l’argent pour le faire. Le plus difficile résidera toujours dans votre capacité à vous discipliner. Après coup, le temps s’occupera de la composition de votre capital. Nous espérons que les deux options proposées dans cet article sauront vous amener une certaine autodiscipline, sans quoi la retraite dorée que vous espérez sera peut-être compromise... Note: Il ne faut pas oublier que les rendements passés ne sont pas garants des rendements futurs.
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







