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Magazine Retraite

Planification financière

Pour une retraite sans tracas, faites un plan de vie!

Il n’y a pas de recette pré-établie pour que vous vous retiriez du marché du travail avec brio. Chaque cas étant particulier, le seul moyen de vous assurer la retraite dont vous rêvez est de réaliser un plan de vie.

Bien sûr, il faut épargner et faire de bons placements. Mais comme chaque cas en est un d’espèce, il est impossible de vous présenter une marche à suivre unique. À vous de préparer votre propre plan de vie, qui vous aidera à obtenir une certaine indépendance financière à la retraite. Le plan de vie consiste en gros à mettre sur papier votre situation actuelle et vos aspirations pour la retraite.

Composantes du plan de vie



Situation actuelle.
Quelle est votre valeur nette? Quel est votre profil d’investisseur? Quel est votre niveau d’épargne? À quoi ressemble votre planification successorale (assurance et testament)? Quelle est votre situation fiscale?

Vos aspirations et préoccupations.
Quels seront vos besoins de revenus à la retraite? Avez-vous de grands projets (achat, voyage, etc.)? Qu’en est-il des études de vos enfants ou petits-enfants? Êtes-vous préoccupé par votre situation financière en cas de décès, d’invalidité ou de maladie grave? À cette étape-ci, vous devriez établir la liste de vos priorités. Votre conseiller en placements peut vous aider à aller au fond des choses. C’est une étape importante; prenez votre temps. Discutez-en amplement avec votre conjoint et assurez-vous d’être sur la même longueur d’ondes. Comme il s’agit d’un processus, vous serez alors en mesure de rester aligné sur ce qui compte vraiment.

Recommandations.
Après avoir transmis ces données à votre conseiller en placements, il pourra produire un rapport écrit vous démontrant si vous êtes dans la bonne direction pour réaliser votre projet de vie. Dans l’affirmative, il vous fera des recommandations afin de mettre sur pied le financement nécessaire à votre projet. Quelle sera la répartition d’actifs? Quels véhicules financiers seront utilisés? Comment réduire la facture d’impôt? Dans la négative, il vous proposera des avenues pour vous assurer que votre projet de vie soit à la mesure de vos ressources financières.

L’histoire de Robert et Francine



Situation actuelle.
Robert et Francine, tous deux âgés de 50 ans, éprouvent un sentiment d’urgence. Ils souhaitent prendre leur retraite dans 10 ans. Ils ont l’impression de pas avoir mis assez d’argent de côté jusqu’ici. Mais ils n’ont pu faire autrement. Michel, le plus vieux de leurs enfants, vient tout juste de quitter le nid familial après avoir complété un doctorat en environnement à l’UQÀM. Ses études ont coûté cher. Leurs autres enfants, Catherine et Nicolas, plus manuels, ont opté pour des programmes d’études professionnelles, moins coûteux.

Robert est responsable des ressources humaines pour une entreprise manufacturière de moyenne envergure. Il gagne 60 000 $ par année. Francine est assistante dans une agence de publicité. Elle touche un revenu annuel de 30 000 $. Tous les deux ne bénéficient pas de fonds de pension de leur employeur, de là leur inquiétude face à leur future retraite.

Un bel exemple d’épargne systématique



Malgré les études de Michel, les parents ont investi de manière disciplinée dans leurs REÉR. Robert a réussi, parfois grâce à un prêt REÉR, à placer 2 400 $ par année depuis 25 ans. Il le fait toujours en février avant la fin de la période REÉR. Francine, plus prévoyante, a investi, grâce à un programme d’achat systématique, 100 $ par mois dans son REÉR et ce, depuis 25 ans elle aussi. Robert se retrouve aujourd’hui avec 175 454 $ dans son REÉR. Celui de Francine se chiffre à 91 484 $. Ils ont tous les deux bénéficié d’un rendement annuel moyen de 8 % depuis 25 ans. Même si Francine a accumulé la moitié de ce que Robert a investi annuellement, elle se retrouve 25 ans plus tard avec 52 % de l’épargne de son mari. Comme elle a fait des versements mensuels, elle a profité de l’effet du temps.

Un trésor insoupçonné



Il y a 25 ans, Robert et Francine ont acheté un joli cottage sur la Rive-Sud de Montréal qu’ils ont payé 85 000 $. Au fil des ans, Robert, habile bricoleur, a mis beaucoup de temps et évidemment un peu d’argent afin d’améliorer le nid familial. Avec le départ de Michel, la maison est devenue bien grande. Il est peut-être temps de la vendre, se sont dit les parents. Comptant en obtenir 130 000 $, ils ont eu toute une surprise quand un agent d’immeubles leur a assuré qu’ils pourraient facilement trouver preneur à 180 000 $. Comme ils viennent tout juste de finir de payer leur hypothèque, ils se retrouveraient avec 180 000 $ de plus dans leurs poches.

Si vous avez des placements en valeurs mobilières (actions, obligations), c’est simple, vous pouvez voir leurs valeurs tous les jours dans le journal. Mais avec des placements immobiliers, il est facile de sousestimer ou bien de sur-estimer leur valeur réelle. Francine et Robert avaient justement sousévalué la valeur de leur maison.

Ayant le même profil d’investisseur, Francine et Robert ont un style modéré, c’est-à-dire que leur objectif est de réaliser un équilibre entre le revenu et la croissance du capital à long terme, tout en diversifiant les risques, au moyen de placements dans les titres à revenus fixes et les actions. Ils peuvent tolérer dans une certaine mesure un rendement négatif une année, mais ils ne sont pas prêts à prendre en tout temps de très grands risques.

Sur le plan fiscal, Robert et Francine n’ont pas de placements hors- REÉR qui pourraient venir jouer un rôle négatif sur leur taux d’imposition. Ils ont par contre beaucoup d’espace REÉR (cotisations non utilisées pour l’achat de REÉR). Sur leurs avis de cotisation de l’Agence des douanes et du revenu du Canada de 2002, il est indiqué que Robert a un maximum déductible au titre des REÉR de 89 000 $ pour 2003, tandis que Francine a droit à 24 000 $. Avec une cotisation de 60 000 $ en 2003, Robert réaliserait pleinement l’opération zéro impôt, car il recevrait en mars ou avril 2004 tous les impôts qu’il a payés en 2003.

Sur le plan successoral, Francine et Robert ont tous deux un testament qu’ils viennent à peine de revoir avec leur notaire.

Aspirations et préoccupations



Robert et Francine aimeraient prendre tous les deux leur retraite à 60 ans. En vendant leur maison, ils aimeraient s’acheter un condo sur la Rive-Sud de Montréal, près de leurs enfants. Robert veut continuer à bricoler, mais cette fois chez ses enfants. Par ailleurs, comme ils veulent passer une partie de l’année en Floride lorsqu’ils seront à la retraite, un condo serait plus approprié pour leur futur style de vie. Ils aimeraient bien s’acheter également un petit pied-à-terre en Floride. Ils ont actuellement un budget annuel d’environ 52 000 $, une fois les impôts et les cotisations à l’assurance-emploi et à la Régie des rentes payés. Ils ne voient pas comment ils pourraient vivre avec moins d’argent à la retraite avec tous les projets qu’ils ont. Par ailleurs, ils aimeraient bien léguer un peu d’argent à leurs enfants au moment du décès du dernier conjoint survivant.

Compte tenu de l’espérance de vie qui ne fait qu’augmenter, Robert et Francine ont peur de manquer d’argent ou de devoir reléguer aux oubliettes quelques-uns de leurs projets. Avec la fluctuation du dollar canadien, ils craignent de n’avoir plus les moyens de vivre une partie de l’année aux États-Unis la retraite venue.

Malgré tout cela, ils ne sont pas prêts à prendre plus de risques. Un rendement de 7,5 % à long terme ferait bien leur affaire. Voilà les renseignements que leur conseiller en placement a colligés au moment de la première rencontre en vue de l’établissement d’un plan de vie.

Les recommandations



Avec ces données en main, le conseiller en placements a pu réaliser une projection financière indiquant si le couple a les moyens de ses ambitions. La réponse est non. Le niveau d’épargne actuel de Robert et Francine et ce qu’ils devraient être capables d’épargner d’ici la retraite ne leur permettront pas de réaliser tous leurs projets. Le problème majeur est qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter un pied-à-terre en Floride. Quoique...

L’importance de bien informer son conseiller



Francine a oublié de dire à la première rencontre qu’elle devrait hériter d’un montant assez important de sa mère qui est mourante. Elle et sa soeur devraient recevoir 150 000 $ chacune. Vous comprendrez que Francine a omis un élément capital qui a conduit le conseiller en placements sur une fausse route. De plus en plus, les Québécois hériteront de leurs parents, et nous parlons de sommes substantielles. Nos parents ont hérité généralement de très petites sommes de leurs propres parents. Mais les Québécois se sont enrichis considérablement au cours des dernières décennies. Il est impératif de ne pas perdre de vue la possibilité que vous héritiez d’une somme inespérée qui pourrait peut-être faire la différence pour votre retraite. Une troisième rencontre sera donc nécessaire afin de présenter un nouveau plan. Le résultat n’est plus le même. Compte tenu de la nouvelle donne, le couple a les moyens de réaliser la retraite désirée s’il met en pratique les recommandations suivantes:

- Vendre immédiatement la maison au prix de 180 000 $ et procéder à l’achat d’un condo de 100 000 $ sur la Rive Sud de Montréal.

- Investir la différence dans des REÉR: 30 000 $ dans un REÉR conjoint au profit de Francine et 10 000 $ dans celui de Francine cette année et les mêmes montants l’an prochain.

- Investir de 16 000 $ à 20 000 $ dans les REÉR de Robert et Francine pour les huit autres années avant leur retraite, somme qui proviendra de leur budget. Il ne faut pas oublier qu’ils n’auront plus à payer pour les études de Michel. De plus, ils ont tous les deux l’intention d’arrêter de fumer, une économie de plus de 5 000 $. Les frais du condo seront beaucoup moins élevés que ceux de la maison.

- Acheter leur propriété en Floride avec les fruits de l’héritage de Francine.

Leurs placements



Afin de respecter leur profil d’investisseur (risque modéré), le conseiller propose à Robert et Francine d’investir la moitié de leur épargne dans des titres à revenus fixes et l’autre moitié dans des actions. Pour les actions, la moitié des placements sera dans des titres de croissance, des sociétés qui présentent de fortes probabilités de hausse de leur bénéfice et ce, à long terme, et l’autre moitié dans des titres de valeur, des titres de bonne qualité mais qui se transigent à bas prix. Une partie des investissements (25 % de la valeur totale) sera faite à l’étranger, principalement aux États-Unis.

Pour les titres à revenus fixes, le conseiller leur propose de gérer activement cette portion de leur portefeuille afin de profiter de la volatilité des taux d’intérêt. Initialement, 40 % de cette catégorie sera investie dans des obligations gouvernementales canadiennes libellées en dollars américains ayant une courte ou moyenne échéance. Le reste de leur portefeuille obligataire sera réparti dans un fonds d’obligations à rendement réel (20 %) et dans des obligations gouvernementales à court terme libellées en dollars canadiens de court et moyen terme (40 %).

Les 40 % d’obligations libellées en dollars américains permettront d’«immuniser» le portefeuille de Francine et Robert contre une remontée possible du dollar américain par rapport au dollar canadien. Ainsi, la fluctuation du dollar canadien ne pourra compromettre leur séjour en Floride la retraite venue.

Succession



À cette étape, le conseiller recommande à Robert et Francine de retourner voir leur notaire afin de rédiger un mandat en cas d’inaptitude. Si l’un ou l’autre tombe gravement malade, le mandat soulagera grandement la personne en santé. Celle-ci pourra gérer librement les avoirs du couple de plein droit. De plus, le conseiller leur suggère de rencontrer un conseiller en sécurité financière afin d’examiner la pertinence de contracter une assurance dernier décès. Ainsi, ils seraient assurés de laisser un certain montant à leurs enfants comme ils le désirent.

Le cas de Francine et Robert semblait bien simple à la base. Le conseiller en placements, une fois qu’il a eu toutes les données en main, a pu présenter des recommandations qui feront en sorte que le couple pourra réaliser tous ses projets et ce, en toute quiétude.

Plus vite vous prendrez votre situation en main, meilleure sera votre retraite. N’oubliez pas que votre conseiller en placements est là pour vous assurer une tranquillité d’esprit. N’hésitez pas à le consulter.

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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