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Planification financière

L’inflation, la bête noire de l’économie

Dans cet article, nous abordons les effets de l’inflation sur votre vie. L’objectif est de bien vous aiguiller sur l’importance que vous devriez accorder à cette variable économique.

L’inflation par-ci, l’inflation par-là, tous les médias en parlent dès qu’une nouvelle se produit. Option Retraite en a d’ailleurs traité dans son numéro hiver 2004. L’article Le pouvoir de l’inflation abordait ce thème afin de vous présenter les obligations à rendement réel. Cette fois, nous allons plus en profondeur pour vous permettre de mieux comprendre les effets de l’inflation. Il ne faut pas se leurrer, le contrôle de l’inflation constitue un défi important pour tous les pays.

En quoi consiste l’inflation?



C’est la comparaison d’un indice des prix sur une période déterminée. La formule utilisée est la suivante: (l’indice des prix de la période x – l’indice des prix de la période précédente) divisé par l’indice des prix de la période précédente. On multiplie ensuite le résultat par 100, ce qui nous donne un pourcentage.

Lorsque le résultat est positif, on parle d’inflation. Quand le résultat est négatif, il s’agit plutôt de déflation; cette situation est particulière et elle ne sera pas traitée ici. Au pays, Statistique Canada mesure chaque mois l’inflation sur la base de l’indice des prix à la consommation (IPC) calculé à partir d’un panier de biens et services composés d’environ 600 éléments. Il tient compte des habitudes de consommation des Canadiens et comprend des dépenses comme la nourriture, le logement (maison), les meubles, l’automobile (transport en commun) et les vêtements. Généralement, l’IPC nous indique l’évolution du coût de la vie au Canada sur 12 mois. Cette mesure est abondamment utilisée. Par exemple, des locateurs s’en servent pour déterminer l’augmentation des loyers, et le gouvernement fédéral l’emploie afin de fixer la hausse de la prestation de sécurité de la vieillesse (PSV).

L’INFLATION AU CANADA AU FIL DU TEMPS

periode Taux annuel moyen
1920-1930 -2,47 %
1930-1940 -1,47 %
1940-1950 4,57 %
1950-1960 2,27 %
1960-1970 2,78 %
1970-1980 7,99 %
1980-1990 5,96 %
1990-2000 2,02 %
2000-2004 2,25 %
1914-2004 3,23 %

Qu’est-ce qui cause l’inflation?



Divers facteurs peuvent contribuer à une poussée inflationniste. Ainsi, une hausse du taux d’inflation surviendra lorsque le prix d’un bien ou d’un service importé augmente, alors qu’il n’existe pas de solution de rechange. Dans ce cas-ci, le pétrole représente un bon exemple. Une poignée de pays produisent la consommation mondiale. S’ils réduisaient leur production de pétrole afin de favoriser une augmentation du prix du baril, cela pourrait générer de l’inflation dans des pays importateurs.

Une hausse du taux d’inflation pourrait survenir dans une situation où il y aurait beaucoup d’argent dans un pays, alors que les biens y sont plus restreints. Présentement, comme les taux d’intérêt sont bas, les liquidités sont abondantes, mais puisque les gens peuvent se procurer ce qu’ils désirent (notamment grâce aux avancées technologiques qui ont accéléré la productivité), l’inflation n’est pas au rendez-vous.

Rôle de l’État et de la Banque du Canada



Les deux institutions ne décident pas quel sera le niveau d’inflation du pays, mais elles ont une influence certaine. Le gouvernement fédéral peut réduire ou accroître la masse monétaire disponible dans l’économie en augmentant ou en abaissant les impôts et ses dépenses. Si l’économie surchauffe et crée de l’inflation, il pourrait diminuer ses dépenses, hausser les impôts ou même appliquer les deux solutions.

De son côté, la Banque du Canada peut intervenir de différentes manières. Habituellement, elle agit en modifiant les taux d’intérêt. Elle influence ces taux lorsqu’elle décide du taux directeur (aussi appelé taux cible du financement à un jour), autrefois nommé taux d’escompte. C’est le taux d’intérêt moyen que les grandes institutions financières utilisent lorsqu’elles se prêtent des fonds pour un jour. Quand l’inflation est élevée, la Banque du Canada augmente les taux afin de ralentir l’économie.

Le gouvernement fédéral et la Banque du Canada se donnent pour objectif de contenir l’inflation à l’intérieur d’une fourchette de 1 à 3 %, surtout vers le point médian, soit 2 %. Leur engagement envers un bas taux d’intérêt a instauré un climat de confiance qui a rapporté ses dividendes au cours des dernières années: croissance économique et création d’emplois.

Effets néfastes d’un taux d’inflation élevé



Une inflation élevée favorise une perte du pouvoir d’achat. Lorsque le taux est bas, les épargnants conservent généralement leur pouvoir, car les salaires augmentent aussi vite, sinon plus que les prix. Deuxièmement, une telle situation suscite de l’incertitude tant chez les consommateurs que chez les investisseurs, ce qui peut inciter les gens à moins consommer et les entreprises à moins investir. Inévitablement, des travailleurs seront mis à pied, entraînant une hausse du taux de chômage.

Avantages d’un taux d’inflation bas



Les prix étant stables, les consommateurs et les investisseurs sont confiants. Les acheteurs peuvent dépenser sans se soucier du lendemain et les entreprises peuvent investir dans leurs infrastructures afin d’améliorer leur productivité. Elles pourront donc réaliser plus de profit sans augmenter leurs prix. On soutient ainsi la croissance économique et la création d’emplois. Ironiquement, une situation de faible taux d’inflation peut être conservée longuement si les intervenants économiques sont confiants que l’inflation sera maintenue longtemps à de bas niveaux.

Inflation en hausse: effets sur nos placements



Les titres boursiers ne réagissent pas tous de la même manière à une poussée inflationniste. Les titres de consommation de base, par exemple Wal-Mart, peuvent bien s’en tirer. Même en période d’inflation, les gens vont continuer de magasiner chez Wal-Mart, car on devra encore se vêtir et manger. Par contre, des entreprises comme Sony pourraient souffrir d’un tel contexte, car les consommateurs n’auront pas tendance à changer de téléviseur ou de chaîne stéréo en période d’inflation.

Votre portefeuille de revenus fixes risque de trouver la situation difficile pendant une certaine période. Comme les taux d’intérêt devraient augmenter, la valeur de vos obligations diminuera momentanément. Toutefois, si vos obligations viennent à échéance bientôt, vous pourrez en profiter pour placer à plus long terme votre portion «revenus fixes» à de meilleurs rendements. Par ailleurs, même si certains titres n’arrivent pas à échéance sous peu, votre conseiller pourrait vous suggérer d’en vendre une partie pour profiter de cette hausse de taux. La liquidité des obligations vous offre cette flexibilité, ce qui n’est pas le cas des certificats de placement garanti (CPG) non rachetables. Les obligations à rendement réel constituent un véhicule de placement idéal pour se prémunir contre une telle situation. De plus, les placements immobiliers sont reconnus comme une option défensive contre l’inflation, car leur valeur tend à suivre à tout le moins le taux d’inflation.

Mesurer son rendement



Il est donc important, quand on investit, de connaître le potentiel de rendement de nos placements. Nous permettront- ils de conserver notre pouvoir d’achat? À l’extérieur des régimes enregistrés, il faut donc tenir compte de l’inflation, mais aussi de la fiscalité. Par exemple, en date du 3 octobre dernier, la Banque Royale affichait sur son site Internet un taux de 3 % pour un CPG de 5 ans non remboursable de 50 000 $.

Si votre taux marginal d’imposition est de 40 %, on parle donc d’un rendement après impôt de 1,8 % pendant 5 ans. Si la Banque du Canada atteint son objectif, soit un taux d’inflation de 2 %, investir dans un tel produit signifie qu’aujourd’hui on accepte de voir notre pouvoir d’achat diminuer lors des 5 prochaines années (sur ce 50 000 $ évidemment). Cette situation est peut-être acceptable compte tenu de nos autres placements, mais il faut tout de même en être conscient. En résumé, un dollar reste un dollar, mais sa valeur d’échange varie dans le temps. Si vous avez besoin de 2000 $ par mois pour vivre aujourd’hui, à 2 % d’inflation, il vous faudra un peu moins de 3000 $ mensuellement dans 20 ans. Il est donc important que vos placements puissent suffisamment croître dans le temps afin de vous assurer d’une retraite de qualité.

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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