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Planification financière

Histoires de finances

Même si nous avons souvent le réflexe d’oublier le passé et de nous tourner vers le futur, nous aurions avantage à tenir compte des expériences antérieures parfois révélatrices de ce que l’avenir nous réserve. Voici, en chiffres et en mots, quelques données d’un passé pas si lointain. Honnêtement, vous rappelez-vous ces faits?

Espérance de vie
Saviez-vous qu’en 1951 l’espérance de vie des Canadiens était de 66,5 ans pour les hommes et de 71 ans pour les femmes? En 2003, cette même espérance de vie est passée à 77,2 ans pour les hommes – une augmentation de 16,1 % – et à 82,3 ans pour les femmes, une hausse de 15,9 %. Cette performance a valu au Canada le neuvième rang sur le plan de la longévité de sa population, parmi les 192 pays recensés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les champions étaient les Japonais avec une espérance de vie de 78,4 ans pour les hommes et de 85,3 ans pour les femmes. Avec une telle longévité, votre retraite pourrait être plus longue que votre vie active! Par conséquent, il vous faudra de plus en plus d’argent afin d’en profiter…

Financement de la retraite
En 1952, le gouvernement canadien a créé le programme de pension de la sécurité de la vieillesse (PSV). Au départ, seules les personnes âgées de plus de 70 ans étaient admissibles à ce programme. En 1965, l’admissibilité à la PSV a été étendu aux personnes de 65 ans et plus. Cette même année, le programme de la Régie des rentes du Québec a été mis sur pied. L’année 1957 a été marquée par l’introduction du Régime enregistré d’épargne-retraite (REÉR). Au début, nous ne pouvions qu’y déposer un maximum de 1000 $ annuellement. Au fil des ans, ce plafond a été élevé à 4000 $ en 1972, à 7500 $ en 1986, à 11 500 $ en 1991 et à 18 000 $ cette année. Depuis des années, à tort, certains Canadiens prédisent la fin du programme de la PSV. Pourtant, jusqu’à présent, les systèmes mis en place par les gouvernements ou les entreprises se sont adaptés aux nouvelles réalités économiques et sociales de notre pays. En 2006, plusieurs fonds de pension d’employeur ont été convertis, passant des prestations déterminées à des cotisations déterminées, afin d’en assurer leur pérennité. Avec la concurrence féroce que se livrent les entreprises partout au monde, les sociétés ne sont plus en mesure de garantir une pension à chacun de leurs employés à la retraite. Toutefois, elles demeurent prêtes à participer au financement de leurs vieux jours par l’entremise d’un fonds de pension à cotisations déterminées, sans avoir l’obligation de leur garantir un revenu de retraite.

Le pétrole et encore le pétrole
En 1951, un baril de pétrole brut coûtait 2,57 $US. En 1973, 22 ans plus tard, malgré une inflation au Canada de près de 2,5 % durant cette période, le baril de pétrole ne coûtait que 3,56 $US. L’embargo pétrolier des pays arabes a fait grimper le prix l’année suivante à 10,11 $US. Quand l’Irak a envahi le Koweït, 17 ans plus tard, le cours du baril a atteint 38,25 $US. Et maintenant, à la fin d’août 2006, le baril vaut son pesant d’or, oscillant autour de 70 $US. Le prix du pétrole a très peu évolué en fonction de l’inflation. D’abord et avant tout, les conflits qui ont secoué les principaux exportateurs d’or noir ont fait grimper les prix. Mais il ne faut pas négliger également l’impact de la demande toujours grandissante pour ce carburant. La multiplication des véhicules utilitaires sportifs (VUS), à consommation d’essence élevée, n’est pas étrangère à la hausse du cours du pétrole. Nous aurions bien avantage à réduire la taille de nos véhicules, à multiplier le covoiturage et à encourager les voitures hybrides. Les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables; il ne faudrait pas l’oublier pour que les générations futures puissent aussi profiter de cette richesse naturelle.


L’inflation, un fait inévitable
Les gens ont souvent tendance à oublier que l’inflation existe. Pourtant, elle fait partie de notre vie. Le timbre est un bonmoyen de visualiser l’impact de l’inflation sur notre quotidien, bien que l’évolution de son prix ne suive pas systématiquement celle de l’inflation au Canada depuis 1950. Cette annéelà, un timbre de première classe pour un envoi à l’intérieur du pays coûtait 0,04 $. En 1980, il fallait débourser 0,17 $ pour le même privilège d’envoyer une lettre. En 2000, c’était 0,47 $ et aujourd’hui il faut payer 0,51 $. Est-ce que le salaire minimum augmente au rythme de l’inflation depuis 20 ans? Non, mais il l’a quand même suivie assez fidèlement. En 1986, le taux général du salaire minimum était de 4,35 $ l’heure; il est passé à 6,70 $ en 1996 et à 7,75 $ au 1er mai 2006. S’il était totalement en diapason avec l’inflation, le salaire minimum horaire devrait se chiffrer à 7,31 $. Les bas salariés ont donc profité de la législation gouvernementale.

La montée du dollar canadien
Au fil des années, la devise canadienne voit sa valeur fluctuer sur les marchés internationaux. Comme le graphique l’indique, le dollar canadien a connu sa principale chute des cinq dernières années en 2001 et 2002. Ce creux est le plus important survenu depuis 1950. Durant cette longue période, le dollar canadien a connu deux longues périodes difficiles, de 1984 à 1987, puis de 1993 à 2003. Que nous réserve l’avenir? Difficile à prédire! Le dollar continuera-t-il son ascension pour finalement atteindre la parité avec le dollar américain et même le dépasser comme en 1959, année où le dollar canadien s’est transigé à 1,06 $ pour l’achat d’un billet de 1 $ de l’oncle Sam? Si l’on se fie au passé, il serait sûrement temps d’accumuler des valeurs en dollar américain afin de profiter d’un possible recul du dollar canadien. À quelque 1,13 $ canadien pour un dollar américain, le risque n’est probablement pas très élevé à long terme, surtout si vous avez besoin d’argent américain pour les mois que vous passez annuellement en Floride.

La Bourse au rythme des montagnes russes!
En 1977, l’indice boursier du marché canadien, le défunt TSE devenu le S&P TSX, a dépassé pour la première fois le cap des 1000 points. Par la suite, il a dépassé les 2000 points en 1980, les 3000 points en 1986 et les 5000 points en 1996. En l’an 2000, il a atteint un sommet de 11 325 points. Et la débandade eut lieu, comme le montre le graphique ci-dessus. Le 11 juillet dernier, le TSX a fini tout juste sous les 11 793 points. L’indice composé a donc stagné de 2000 à 2006. N’empêche que, sur 10 ans, l’indice boursier canadien a offert un rendement annuel de 10,2 %. Qui dit mieux! Quand nous sommes prêts à vivre avec la volatilité, tout est possible: le meilleur comme le pire.

Conclusion
Il serait surprenant que vous vous rappeliez tous ces faits. L’histoire est riche en enseignement, ne l’oubliez pas!
Pensez-y lorsque vous prendrez vos prochaines décisions financières; cela pourrait vous être bénéfique.

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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