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Magazine Retraite

Planification financière

Constituez-vous un portefeuille sur mesure

Voici l’histoire de Claire, employée depuis plus de 28 ans dans une grande entreprise canadienne. Âgée maintenant de 63 ans, elle entend prendre sa retraite dans 2 ans. Claire a la chance d’avoir un fonds de pension dans lequel son employeur a contribué généreusement.

Depuis plusieurs années, Claire gère elle-même ses placements chez un courtier à escompte. Pour le moment, elle ne voit pas le besoin de recourir à un conseiller en placements. Elle se procure principalement des actions de son employeur. Pour compléter son portefeuille, elle achète des fonds de la banque du courtier à escompte avec qui elle fait affaire. Ayant lu sur l’importance de la diversification, elle a accumulé au fil des ans des participations dans une série de fonds de la banque.

Portefeuille actuel de Claire
Compte REÉR $
Banque XYZ obligations du Canada 19 750
Banque XYZ haut rendement 21 750
Banque XYZ croissance Canada 20 250
Banque XYZ dividende Canada 10 750
Banque XYZ croissance américaine 17 500
Banque XYZ Chine 10 000
Banque XYZ science et technologie 5 000
TOTAL 105 000
Compte comptant (hors REÉR)
3000 actions de Multinationale ABC 85 500
Banque XYZ revenu canadien 10 250
Banque XYZ haut rendement 10 500
Banque XYZ marché monétaire 15 000
TOTAL 121 250

À deux ans seulement de sa retraite, Claire éprouve un profond besoin de se faire rassurer. En aura-t-elle assez pour ses vieux jours? A-t-elle un portefeuille adapté à sa situation personnelle? Sur le plan fiscal, peut-elle mieux tirer son épingle du jeu? Autant de questions sans réponses. Elle a donc décidé de faire appel à un conseiller en placements qui s’y connaît en matière de planification financière.

Grâce à son logiciel de projection financière, le conseiller peut la rassurer rapidement sur ses capacités financières. En vertu de la rente d’employeur qu’elle recevra et des diverses prestations gouvernementales – Régime des rentes du Québec (RRQ) et Programme de la sécurité de vieillesse (PSV) – auxquelles elle est admissible, Claire devra, la retraite venue, puiser seulement 5000 $ par année dans ses économies pour subvenir à ses besoins projetés.

L’analyse



À la suite de l’analyse de son portefeuille, le conseiller a fait le constat suivant, sachant que Claire a peu de connaissances en matière de placements, tout en ayant une bonne tolérance au risque et à la possible volatilité de ses placements:

1. Le portefeuille est constitué de 34,1 % de titres à revenus fixes, dont 14,3 % sont dans des titres corporatifs. Compte tenu que les revenus de retraite de Claire proviennent de sources soi-disant sûres, elle devrait hausser de 34,1 % à 40 % la portion de ses titres à revenus fixes. Elle aurait tout avantage aussi à réduire sa proportion trop élevée d’obligations corporatives au profit de titres gouvernementaux.
2. Le portefeuille est investi à 12,2 % à l’extérieur du Canada alors que la capitalisation boursière canadienne ne représente qu’environ 3 % de la capitalisation boursière mondiale.

3. Une bonne répartition serait souhaitée entre les titres de croissance des sociétés qui présentent de fortes probabilités de hausse de leur bénéfice à long terme et les titres valeur des sociétés de qualité qui se transigent à bas prix. Claire possède globalement dans son portefeuille 23,3 % en titres valeur et 42,5 % en titres de croissance. Une répartition plus équilibrée serait souhaitable afin de favoriser une bonne croissance du capital à moyen et à long termes, avec une moins grande volatilité.

4. Le compte comptant génère des revenus d’intérêt alors que Claire n’en a pas besoin. Lourdement taxés, les revenus d’intérêt devraient se retrouver à l’intérieur de son REÉR. Ainsi, ces revenus ne seraient pas imposés immédiatement.

5. Claire a mis, comme la majorité des employés actionnaires, bien des oeufs dans le même panier. Titulaire d’un poste rémunéré à la société ABC, elle y a investi 37,7 % de ses économies. Imaginez si la compagnie éprouve de graves difficultés: Claire pourrait à l’extrême perdre son emploi et voir disparaître plus du tiers de ses épargnes.

6. Finalement, on ne sent pas que Claire a établi un plan pour ses investissements. Elle semble s’inspirer souvent des modes. Elle a investi dernièrement en Chine, a acheté pour 10 000 $ d’un fonds technologique en 2000 en pleine bulle spéculative et a acquis en 2002, dans ces deux comptes, un fonds haut rendement d’obligations corporatives qui s’est heureusement avéré payant.

Le conseiller en placements est en mesure de planifier un portefeuille qui sait répondre aux besoins

Claire pourrait procéder à plusieurs ajustements quant à ses investissements, afin d’améliorer son niveau de risque, sa répartition d’actifs et l’imposition de ses placements.

Combiner la gestion active et passive



Pour la portion des titres à revenus fixes, le conseiller propose une stratégie active à Claire. Il croit que cette dernière aurait avantage à tirer profit de son expertise afin de profiter, entre autres, de la variation des taux d’intérêt. Il suggère aussi d’élaborer une stratégie de décaissement adaptée à sa situation personnelle.

Pour la portion des actions, le conseiller propose d’opter pour une gestion passive où ensemble ils se consacreraient à maintenir la répartition d’actifs souhaitée. Les gestionnaires de fonds sélectionnés auraient ainsi la responsabilité de choisir les actions.

Le conseiller aurait pu présenter une autre stratégie, mais il a préféré celle-ci compte tenu des connaissances limitées en placements de Claire. Il peut lui offrir tant la gestion active que la gestion passive, pour les deux catégories de placement que sont les actions et les titres à revenus fixes.

Répartition proposée du portefeuille de Claire
40 % en titres à revenus fixes
15 % en titres canadiens croissance
15 % en titres canadiens valeur
15 % en titres internationaux croissance
15 % en titres internationaux valeur

Une décision difficile



Effectuer ce revirement dans le portefeuille de Claire l’obligera à prendre une décision émotive, ce qu’elle a toujours refusé de faire jusqu’à maintenant. Elle devra en effet vendre une bonne partie de ses investissements dans ABC. Un conseiller rencontré au début de 2000 le lui avait aussi suggéré fortement, mais elle refusa tout à l’époque: la vente de ses actions et les services du conseiller. Il faut dire qu’à ce moment, les actions de ABC valaient 45 $ chacune et les analystes prévoyaient que le titre atteindrait 60 $. En plus, un gros gain en capital était en jeu, car le coût moyen d’acquisition des actions de ABC était de 8 $ et le taux d’inclusion (fraction imposable d’un gain en capital) était de 75 % à l’époque. On parlait donc d’une facture fiscale de plus de 20 000 $ si elle liquidait la moitié de ses titres. Elle aurait tout de même reçu plus de 46 687 $ à la vente de 1500 actions. Aujourd’hui, le taux d’inclusion d’un gain capital est de 50 %. Mais comme l’action a baissé considérablement, Claire ne recevrait qu’un peu plus de 35 062 $. La preuve qu’il ne faut pas toujours s’arrêter à la facture d’impôt... Le même conseiller lui avait expliqué que si son employeur faisait faillite, elle s’exposait à un important risque en conservant toutes ses actions d'ABC. Il lui a même parlé des compagnies Eaton et Steinberg, mais Claire était persuadée que ça ne pouvait pas arriver à SON entreprise.

Quelques années plus tard, elle commence à comprendre ce que le conseiller voulait dire... Il faut dire que les exemples de ce genre se sont multipliés; on n’a qu’à penser à Nortel et Bombardier dont le cours des actions a dramatiquement chuté.

Une stratégie différente



Le conseiller rencontré en 2000 lui avait suggéré de vendre tout d’un coup la moitié de ses actions d’ABC. En 2004, le nouveau conseiller arrive avec une stratégie de vente qui plaît davantage à Claire. Ce dernier lui propose de vendre sur une période de deux ans 2000 de ses 3000 actions d’ABC, soit 1000 actions dès aujourd’hui et 1000 autres actions durant la prochaine année civile. Ainsi, elle échelonnera son gain imposable sur deux ans. À l’an 2 du plan, elle pourra toujours appliquer des pertes en capital s’il y a lieu, ce qu’elle ne peut faire cette année, car elle n’en a pas pour l’instant.

Au terme de la stratégie, Claire se retrouvera avec 1000 actions d’ABC, ce qui représentera un titre encore important parmi ses investissements. Aujourd’hui, un tel placement représenterait plus de 12,5 % de son portefeuille. Le conseiller lui a aussi proposé de rencontrer un spécialiste qui lui présentera les avantages des stratégies d’options dans le cas de la vente des actions d’ABC.

Voici le portefeuille révisé de Claire
Compte REÉR $
Province de Québec 1 an (obligations) 45 000
Province de Québec 2 ans (obligations) 45 000
Fonds CDE croissance canadienne 15 000
TOTAL 105 000
Compte comptant (hors REÉR) $
2000 actions de Multinationale ABC 57 000
Fonds CDE valeur internationale 32 125
Fonds CDE croissance internationale 32 125
TOTAL 121 250

Répartition réelle du portefeuille de Claire après les changements
39,8 % en titres à revenus fixes
6,6 % en titres canadiens croissance
25,2 % en titres canadiens valeur
14,2 % en titres internationaux croissance
14,2 % en titres internationaux valeur

Grande liquidation



Afin de respecter son plan, le conseiller propose à Claire de vendre toutes les autres participations. En revanche, il lui suggère un plan d’investissement bien adapté à sa réalité. Dans le portefeuille REÉR, il recommande deux obligations à court terme compte tenu de la situation actuelle des taux d’intérêt.

Prévoyant une hausse au cours des prochains mois, il veut en profiter. Pour compléter, il propose d’investir la somme restante dans un fonds de croissance canadienne. Dans le compte comptant, il conseille de prendre toute la somme disponible pour investir dans deux fonds internationaux: un de croissance et l’autre de style valeur. La future recette de la vente de 1000 actions d’ABC dans la prochaine année civile sera investie en partie dans un fonds canadien de croissance et dans un fonds canadien valeur, de manière à représenter le plus près possible la répartition proposée.

Le conseiller recommande à Claire d’attendre la remontée des taux d’intérêt ou le moment de sa retraite avant d’élaborer une stratégie de décaissement. Présentement, il est mieux d’attendre afin de prendre une décision, car les taux d’intérêt sont très bas. Comme vous le voyez, le conseiller en placements est en mesure de planifier un portefeuille qui sait répondre aux besoins, aux objectifs et à la situation du client, en autant qu’il gagne la confiance de l'investisseur. Ce dernier doit partager l’information et ses émotions afin que son conseiller puisse lui proposer un plan personnalisé.

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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