Planification financière
Cinq clés pour une meilleure diversification
Pour la première fois Option Retraite aborde directement la question de la diversification. Nous tenterons d’apporter un regard nouveau sur ce principe «surexploité» pour certains, mais pourtant trop souvent mal appliqué.
Pourquoi diversifier?Lorsque vous établissez une bonne diversification, vous ne visez pas le meilleur résultat; vous souhaitez d’abord et avant tout obtenir un rendement prévisible dont les attentes varieront selon le contexte économique.
Par exemple, en 1997, une grande majorité d’investisseurs espéraient récolter de 8 à 10 % de rendement et même davantage. Aujourd’hui, leurs anticipations ont diminué pour se situer maintenant autour de 6 à 8 %.
Si vous recherchez un taux supérieur, vous aurez tendance à concentrer vos investissements en actions dans peu de titres et de secteurs d’activité. Si vous optez plutôt pour une bonne diversification, votre rendement devrait vous permettre de conserver votre pouvoir d’achat et de vous assurer une croissance raisonnable de votre capital retraite. Par conséquent, la diversification vous permettra de dormir sur vos deux oreilles, car le risque inhérent de vos placements se situera probablement à un niveau plus acceptable. Un portefeuille bien diversifié devrait vous procurer des rendements moins volatils à court, moyen et long termes. Un rendement de 25 % est excessivement intéressant, mais sa contrepartie, en raison du risque élevé de ce type de placement, peut tout aussi bien vous procurer l’inverse. Que diriez-vous d’un taux de –25 %? La diversification nécessite une bonne répartition de votre portefeuille dans toutes les catégories d’actifs. Voici cinq points à considérer.
1-Être propriétaire ou créancier?
Essentiellement, avec votre argent, vous pouvez être propriétaire ou créancier d’un bien. En faisant l’achat d’un immeuble, de métaux précieux, de devises ou plus facilement en acquérant un titre boursier, vous devenez propriétaire. Dans ce dernier cas, vous partagez la propriété d’une entreprise avec une multitude d’investisseurs. De l’autre côté, vous êtes créancier si vous prêtez une somme d’argent à une institution comme le gouvernement du Québec ou à une société, par l’entremise, notamment, de débentures (titres émis pour obtenir des capitaux et garantis par la réputation de crédit de la société émettrice selon la Société d’aide au développement des collectivités – SADC). Encore là, la créance d’une entreprise est partagée par plusieurs investisseurs. En principe, être propriétaire entraîne un plus grand risque, car les gains de l’investisseur se réaliseront uniquement si la société dégage un bénéfice financier de ses activités ou si elle crée une certaine plus-value en augmentant ses ventes, par exemple. D’autre part, prêter son argent est généralement moins risqué,mais, par conséquent, cela génère un rendement inférieur. Une juste diversification entre ces deux possibilités d’investissement devrait vous procurer un rendement et un niveau de risque intéressants.
2-Le marché des actions
Une participation au marché boursier présente une belle perspective de rendement. À court terme, son niveau de risque est élevé, mais il diminue avec le temps. Des règles de base doivent être respectées afin de minimiser le risque. Premièrement, investissez dans un titre boursier une proportion de 3 à 5 % de la valeur totale de votre portefeuille. Deuxièmement, dans un même marché (les actions canadiennes, par exemple), vous devriez détenir un minimum de huit titres. Posséder plus de 12 titres n’est pas nécessaire; en effet, au-delà de ce nombre, vous ne diminuerez pas votre niveau de risque. Troisièmement, votre sélection de titres dans un même marché devrait couvrir un maximum de secteurs d’activité (biens de consommation, services financiers, énergie, matériaux, technologie, services publics, ressources naturelles, etc.). Quatrièmement, vous investissez dans un maximum de marchés: canadien, américain, européen, émergent, etc. Il ne faut pas oublier que le Canada représente moins de 3 % de la capitalisation boursière mondiale. Ainsi, n’investir qu’au pays, comme plusieurs le font, revient à renoncer aux perspectives de rendement de 97 % du marché mondial des titres boursiers.
3-Les revenus fixes
On investit dans les revenus fixes (obligations, coupons détachés, etc.) d’abord pour protéger son capital. Pour plus de sécurité, il est préférable de considérer les produits gouvernementaux. Lorsque vous achetez une obligation de la province du Québec venant à échéance en 2013 pour une valeur nominale de 10 000 $, vous savez que vos chances de ravoir cette somme à terme sont très élevées. La province ayant un pouvoir de taxation illimité – ou presque –, vous avez la quasi certitude qu’elle respectera ses obligations. Bien sûr, d’ici là, la valeur de votre titre variera en fonction des taux d’intérêt, mais en 2013 vous récupérerez vos 10 000 $. Investir dans les obligations émises par des sociétés est généralement moins indiqué. En cas de faillite, l’entreprise ne sera pas en mesure de respecter son engagement de remboursement du capital et encore moins des intérêts exigibles. Et si vous avez tellement confiance en une entreprise, n’auriez-vous pas avantage à participer aux bénéfices et à la croissance de celle-ci en contribuant à son capital actions? Posez la question, c’est pratiquement y répondre. Cependant, quelques situations pourraient vous indiquer le contraire, notamment en investissant dans des fonds d’obligations de sociétés qui vous assurent une certaine diversification et, par conséquent, diminue le risque. Lorsqu’on participe au marché obligataire, il faut également répartir ses investissements. Dans ce cas-ci, la diversification se fera d’abord sur les échéances des obligations ou autre produit du même type. Les obligations voyant leur valeur fluctuer en fonction de la courbe des taux d’intérêt, plus leur échéance est éloignée, plus elles réagiront à une variation des taux d’intérêt. Donc, si vous investissez toutes vos épargnes dans une obligation à long terme, elle pourra s’apprécier rapidement en cas de baisse des taux d’intérêt, mais le contraire est tout aussi possible. En diversifiant les échéances, vous vous protégez contre les baisses de taux, car avec vos échéances à court terme, vous pourrez profiter d’une hausse des taux.
4-La corrélation entre les fonds
Au moment d’investir dans les actions, plusieurs investisseurs optent pour les fonds communs de placement. Ceux-ci donnent accès à une participation dans une multitude de sociétés. Avec aussi peu que 500 $, un investissement dans un fonds d’actions canadiennes vous offre généralement une excellente diversification dans ce marché. Comme les fonds n’offrent pas tous le même genre de gestion, bien des investisseurs décident de répartir leurs épargnes entre plusieurs fonds. Par exemple, certains vont acheter un fonds de valeurs (dont le gestionnaire choisira des titres de qualité qui se transigent à bas prix) et un autre de style croissance (pour ses titres qui présentent des fortes probabilités de hausse de leur bénéfice à long terme). Bien que l’idée semble porteuse, sachez que cela ne vous assure pas une meilleure diversification. Il faut donc choisir des fonds qui ne fluctuent pas de la même façon en cas de variation du marché. En agissant ainsi, votre diversification sera bien meilleure. Votre conseiller est bien outillé pour connaître la corrélation entre les fonds (degré de similitude des fluctuations d'un fonds à un autre). Il peut donc vous proposer des fonds complémentaires plutôt que ceux qui fluctuent pratiquement de la même façon.
5- L’importance du rééquilibrage
Vous avez analysé votre situation et vous convenez que vous devez investir 60 % de portefeuille en actions réparties équitablement entre des fonds de valeurs et des fonds de croissance, et moitié-moitié, entre les marchés canadien et internationaux. Parfait, votre portefeuille est bien investi ce jour-là. Par la suite, les marchés évoluent de façon différente. Par exemple, si le marché canadien restait neutre (ne fluctuait pas) et les marchés internationaux s’appréciaient de 20 %. Quoi faire? Vendez une partie de vos fonds internationaux pour racheter des actions canadiennes, ou effectuez tout simplement de nouveaux investissements, cette fois de façon plus importante dans le marché canadien, afin de revenir à votre répartition souhaitée. Quand le faire? Dès que les montants en jeu sont suffisamment élevés pour que cela en vaille la peine ou dès qu’il vous est possible d’investir de nouvelles sommes. Voilà en quoi consiste le rééquilibrage, qui permet de toujours avoir une saine répartition d’actifs et, par le fait même, une bonne diversification. Cette philosophie d’investissement pourra également vous protéger contre vos émotions, en quelque sorte. Cela pondère les réactions comme de s’emballer à l’annonce d’une bonne nouvelle à propos d’un titre ou de mal encaisser le choc d’actions qui chutent. Lorsqu’on investit en apportant une attention particulière à la diversification, on prend des décisions plus réfléchies. Depuis 10 ans, si les gens avaient davantage diversifié leurs placements, leur rendement aurait été moins affecté par la grande volatilité que les marchés nous ont procurée.
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







