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Vague forte en faveur des billets liés

Depuis trois ans, les billets liés sont devenus des produits de placement très en vogue bien qu’ils soient apparus en 1994. Voyons pourquoi !

Les billets liés, ou si vous aimez mieux les billets à capital protégé, sont des produits structurés qui offrent la garantie de capital recherché par les investisseurs dans les certificats de placement garanti (CPG). Cependant, leur potentiel de rentabilité est plus élevé. Mais qui dit «potentiel» ne dit pas garantie de rendement. En effet, le rendement d’un billet lié est généralement tributaire de celui d’une catégorie d’actifs tels qu’un fonds commun de placement, un fonds de couverture, un ou des indices, des matières premières, de contrats à terme ou de titres comme les fiducies de revenu. Les billets liés peuvent couvrir plusieurs secteurs géographiques et d’activités. Ils peuvent donc jouer un rôle important dans la diversification de votre portefeuille. Les billets liés à capital protégé sont un titre d’emprunt; ils comportent une date d’échéance à laquelle l’émetteur est engagé à faire le remboursement du montant emprunté à l’investisseur, que l’on appelle le capital. À cette date également, il peut lui verser des intérêts liés au rendement des actifs sous-jacents (produits dans lesquels a été investi en partie le capital à l’achat du billet) qui caractérisent le billet. Les billets liés sont un produit très semblable au CPG indiciel créé par les banques au milieu des années 1990. Généralement, aucune distribution n’est effectuée, aucun montant n’est versé pendant la durée du billet.

Structure du produit
Sur une base générale, le billet lié à capital protégé peut avoir deux structures. La première est constituée d’une obligation à coupon zéro et d’une option d’achat. Habituellement, l’émetteur utilise de 65 à 70 % du produit de la vente des billets pour acheter des obligations à coupon zéro ou des obligations à coupons détachés afin de garantir le capital. La portion restante, soit de 30 à 35 % du produit de la vente, sert à acheter des options d’achat liées à un ou plusieurs titres, voire même à des matières premières. L’émetteur utilise l’effet de levier des options (celui-ci peut aller jusqu’à 300 %) pour vous verser, si possible, un rendement intéressant. La seconde structure repose sur une pondération des actifs avec et sans risque, communément appelée «assurance de portefeuille». Ce modèle implique une pondération des actifs directement liée aux fluctuations des taux d’intérêt ou de la valeur des titres risqués sous-jacents. C’est-à-dire que la portion risquée du portefeuille sera investie à mesure que le rendement de la portion sans risque augmente. Advenant la situation contraire, la portion risquée sera réduite pour augmenter celle sans risque. La portion risquée peut avoir un rendement négatif jusqu’à un niveau plancher. À ce niveau, pour préserver le capital, l’ensemble des actifs sera investi dans la portion sans risque.

La garantie du capital
Si les billets sont conservés jusqu’à échéance, le détenteur recevra au minimum le montant investi. Parfois, il est possible que la garantie ne se limite pas au capital initial. En effet, il se peut que vous puissiez immobiliser les gains réalisés durant la période de détention du billet sur une base mensuelle, trimestrielle et parfois même quotidienne. Évidemment, la garantie de capital ne s’obtient pas gratuitement. Des frais sont imputés pour cette assurance qui retranche en bout de ligne quelques points de pourcentage sur le rendement du billet par rapport au placement sous-jacent. De plus, la garantie de capital repose en majeure partie sur la solidité financière de l’émetteur. Il est donc important de bien choisir les sociétés qui sont responsables de l’émission des billets, de la gestion des placements et de la protection du capital.

Les frais
Il existe des frais explicites énoncés dans le document descriptif du placement: il s’agit des commissions versées aux représentants, des frais de rachat anticipés (les frais et la période avec frais varient grandement d’un produit à l’autre), frais de gestion, frais de structure ainsi que les frais de garantie. Tous ces frais ont une influence sur le rendement du billet et ils sont clairement définis dès le départ à l’émission.

D’autre part, il y a les frais dits «implicites». Rarement expliqués dans le document descriptif, ils sont principalement issus de la complexité de la structure du billet lié. Par exemple: le coût associé au calcul du rendement moyen, le coût lié à une condition de rendement plafond (sacrifice d’un rendement supplémentaire), les frais d’intérêt relativement à l’utilisation de l’effet de levier et, en dernier lieu, le coût lié à la modalité du rendement, si ce dernier se limite à la valeur du titre ou implique également les versements d’intérêt ou de dividende.

Disposition des billets
Les échéances des billets varient généralement de 3 à 12 ans. Tout montant excédentaire au capital investi reçu à l’échéance au moment de la disposition sera considéré comme des revenus d’intérêt. Vous pouvez toujours transiger vos billets avant l’échéance sur un marché secondaire. Si votre billet vous procure un gain, il sera intéressant de le vendre avant terme; la plus-value dégagée de la transaction sera considérée comme du gain en capital. Le principal risque associé à l’achat d’un billet lié à capital protégé est le manque de liquidité. Même si on indique l’existence d’un marché secondaire, rien n’oblige l’émetteur à racheter les titres. Il se peut que le rendement soit différent de celui du sous-jacent. En effet, étant donné les différents frais reliés à la garantie, le rendement n’est pas égal à celui des titres auxquels le billet se rapporte.

Il peut arriver également que l’investisseur soit remboursé par anticipation et qu’il obtienne le maximum du rendement du billet, mais qu’il soit contraint de retourner sur un marché plus ou moins favorable. Il y a aussi le risque que l’émetteur ne puisse honorer son engagement.

Revenus fixes ou actions?
Rappelons que le billet lié est considéré comme un titre d’emprunt. Toutefois, il faut utiliser ce produit avec modération, car les titres d’emprunt traditionnels tels que les CPG, les obligations gouvernementales et les coupons détachés ont un rôle important à jouer dans un portefeuille. Ils servent en effet généralement à contrebalancer le rendement faible ou négatif des actions dans un marché boursier baissier. Si vous achetez un billet lié à l’indice S&P/TSX 60 de la Bourse de Toronto, votre billet pourra contrebalancer dans une certaine mesure votre portion actions étant donné que votre billet est garanti. Mais vous ne disposerez pas des revenus d’intérêt pour bien contrebalancer la portion actions. Il est convenable de considérer qu’un investisseur ayant un profil conservateur pourrait détenir jusqu’à un maximum de 20 % de son portefeuille dans cette catégorie d’actifs.

Le coût de renonciation
Lorsque vient le temps de choisir ces placements, il faut évaluer le coût de renonciation associé à l’achat des billets liés. Par exemple, en date du 10 novembre, on pouvait acheter une mobligation de sept ans de la province de Québec et obtenir environ 4 % de rendement. Si vous considérez l’achat d’un billet lié de sept ans, votre coût de renonciation est de 4 %, soit ce à quoi vous renoncez: c’est-à-dire à la différence entre le rendement de l’obligation et celui que le billet lié vous garantit au minimum, soit 0 %. Ensuite, vous devez regarder si le rendement potentiel d’un billet lié est limité. Si, par exemple, vous pouvez obtenir un maximum de 10 % par an, à vous d'estimer si vos chances d'atteindre 10 % sont bonnes ou non. Sinon, quel type de rendement pouvez- vous légitimement espérer? Enfin, vous devez décider si, pour vous, le rendement espéré en vaut la peine comparativement au coût de renonciation associé au billet.

Les fonds distincts* ou les billets liés?
Pendant longtemps seule solution de rechange aux CPG, les fonds distincts subissent une concurrence féroce de la part des billets liés. Même si les deux offrent la garantie du capital, il existe des différences entre les deux produits.

Les avantages des fonds distincts.
Leurs coûts sont toujours clairs alors que la structure de frais des billets liés est très difficile à comprendre. Les fonds distincts n’ont pas de plafonds de rendement ni de clause de rachat anticipé, contrairement aux billets liés. Les fonds distincts autorisent la cristallisation des gains (geler le capital à un nouveau montant), tout en rétablissant l’échéance à dix ans à partir de la date de cristallisation. Parfois, le placement dans les fonds distincts est insaisissable, mais il faut être vigilant car ce n’est pas toujours vrai. Un point important à mentionner, les fonds distincts nous offrent une assurance-vie. Si vous en avez besoin, voilà un élément qui pourrait faire basculer la balance.

Les avantages du billet lié.
Il coûtera un peu moins cher, car il n’offre pas l’option d’assurance. Les billets liés peuvent produire un rendement supérieur à ses placements sous-jacents étant donné qu’ils utilisent parfois un effet de levier. Ils ont des échéances plus diversifiées, notamment à court et moyen termes.

Conclusion
Le marché des billets liés est en pleine expansion. Les promoteurs font preuve de beaucoup de créativité dans l’élaboration de leur produit. Par conséquent, les billets sont de plus en plus nombreux, variés et complexes. Avant d’investir, il faut= s’assurer de très bien comprendre le produit pour éviter de mauvaises surprises. Plus que jamais, les services d’un bon conseiller sont requis afin de bien s’y retrouver.


*Les fonds distincts sont comme des fonds communs, mais ils ont les caractéristiques d’un produit d’assurance. Ils vous offrent une garantie. À l’échéance de votre placement dans le fonds ou à votre décès, la compagnie d’assurance vous (à vous ou votre succession) versera au minimum une somme égale à un pourcentage de votre placement initial (de 75 à 100 % selon le contrat).

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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