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Quand l'émotion l’emporte sur la raison

Dans le monde du placement, deux périodes ont marqué les dix dernières années: la fulgurante montée boursière qui a débuté en 1995 et la descente des marchés, commencée, quant à elle, en 2000.

Ces deux périodes ont donné bien des émotions – l’appât du gain et la peur – à tous les investisseurs, y compris les gestionnaires institutionnels (ceux des caisses de retraite et des fonds communs de placement). Le problème, pour bien des gens, c’est que l’appât du gain a eu le dessus sur la peur. Par exemple, ayant acheté des actions de Nortel à 15 $ en 1999, ceux qui les ont vu monter à plus de 120 $ pensaient avoir trouvé le Klondike. On ne pourrait les en blâmer, n’est-ce pas! Tout à coup, investir à la Bourse semblait être devenu simple. À la suite d’un «tuyau» d’un voisin ou d’une nouvelle parue dans le journal, plusieurs investisseurs achetaient sans se soucier du bilan de l’entreprise. Certains épargnants désabusés du rendement des certificats de placement garanti (CPG) entraient dans le marché boursier sans réellement comprendre dans quoi ils investissaient. N’éprouvant aucune peur, ils voulaient faire du «cash» comme leurs parents et amis.

Mais la Bourse et l’ensemble des marchés financiers ne sont pas aussi accessibles qu’on pouvait le penser. Il y a des principes qu’il faut respecter. D’abord, la diversification est primordiale pour diminuer le risque. Maintenant, bien des investisseurs savent de quoi nous parlons quand nous leur demandons quelle est leur tolérance aux risques.

Quand les actions montent, rien ne nous fait peur. Mais quand elles commencent à baisser, nous comprenons assez rapidement que notre tolérance aux risques a ses limites. Sachez qu’un placement sans risque, ça n’existe pas; même le CPG comporte des risques. Il ne faut pas oublier un principe fondamental: achetez bas et vendez haut. C’est le seul moyen de faire de l’argent! Le problème, c’est que les gens l’oublient. Quand le marché est à son meilleur, les investisseurs achètent, et quand le marché est à la baisse, ils vendent. Vous avez vu ce phénomène en octobre 2002 alors que le Dow Jones a glissé sous les 7200 points. Des investisseurs quittaient le marché boursier pour se réfugier dans le marché obligataire. Au début de juillet 2003, le Dow Jones avait franchi le cap des 9 000 points, un gain de plus de 20 %.

Pendant ce temps, le marché des obligations offre les taux les plus bas depuis des lunes. S’il y a reprise économique, les taux d’intérêt devraient augmenter, amenant du même coup un recul de la valeur de votre portefeuille obligataire. Lorsque les taux baissent, les gens sont prêts à payer davantage pour une obligation qui offre un meilleur taux que le rendement du marché. L’inverse est aussi vrai. Une hausse des taux pourrait jouer de vilains tours à des milliers d’investisseurs.

Philosophie boursière



Sir John Templeton, fondateur des fonds communs Franklin Templeton, disait: «Les fortunes sont faites dans les marchés baissiers et non dans les marchés haussiers. La seule façon de faire de l’argent, c’est d’acheter quand le monde vend.»

Enfin, il est primordial d’avoir une perspective à long terme. En principe, vous ne devriez pas avoir besoin de tout votre argent demain matin. En ne prévoyant pas toucher à vos fonds rapidement, cela vous permet de subir temporairement des fluctuations et de voir croître à long terme votre capital retraite.

Il ne faut pas oublier un principe fondamental: achetez bas et vendez haut.

Les 10 règles pour investir avec rationalité



1. Associez-vous à un conseiller en qui vous avez confiance.
Quand vous avez mal aux dents, vous faites appel à un spécialiste: le dentiste. Pourquoi ne pas s’allier à un conseiller en placements de confiance quand vous êtes préoccupé par votre future retraite? N’oubliez pas le vieux dicton: «À chacun son métier et les vaches seront bien gardées».

2. Faites votre plan de vie.
Quand vous avez bâti votre maison, un architecte a fait les plans. Pour planifier votre retraite, vous devriez vous asseoir avec votre conjoint et votre conseiller pour mettre sur pied votre plan. Quels sont vos objectifs, quelle est votre tolérance aux risques, quels seront vos besoins de revenus à la retraite?, etc.

3. Ne mettez pas tous vos oeufs dans le même panier.
La diversification contribue à diminuer votre risque. Ne jamais, par exemple, investir plus de 5 % dans un seul titre. Ainsi, si la compagnie fait faillite, les pertes seront limitées.

4. Comprenez chacun de vos gestes.
Le conseiller est là pour vous accompagner dans la planification de votre retraite. En bout de ligne, la décision finale vous appartient. Il est donc important que vous compreniez bien ce que vous faites. Le conseiller devrait être en mesure de vulgariser la situation devant laquelle vous vous trouvez.

5. Ne vous acharnez pas sur un cheval mort.
Si vous avez investi dans une compagnie qui finit par éprouver des difficultés, n’y investissez pas de nouveau afin de baisser votre coût moyen. Passez à autre chose.

6. Achetez selon le bilan.
Laissez de côté vos perceptions lorsque vient le temps d’investir; investissez plutôt selon des faits. Fiez-vous au bilan des entreprises. Règle générale, il donne un aperçu fidèle de leur situation financière. Et laissez les «tuyaux» pour les autres.

7. Achetez bas et vendez haut.
Il faut bien évaluer le marché boursier lorsque vient le temps d’investir. Apportez une attention particulière au marché boursier lorsqu’il tend vers son sommet. Est-ce qu’il continuera à monter? S’il est à son plus bas niveau depuis les derniers mois, il est fort possible qu’il soit de mise d’y entrer, car il finira bien par remonter.

8. Les actions pour le long terme.
Lorsque vous investissez dans le marché des actions, vous devez avoir un horizon temporel d’au moins cinq ans. Sinon, allez sur le marché obligataire, qui est plus sûr à court terme.

9. Ne vous fiez pas aux étoiles.
Lorsque vous achetez des parts d’un fonds commun de placement, n’utilisez pas la cote d’une firme d’évaluation comme Morningstar (www.morningstar.ca) comme élément principal de votre décision. Bien souvent, les investisseurs n’achètent que les fonds 5 étoiles, alors que ces derniers sont rarement les mêmes d’une année à l’autre. Fiez-vous davantage à la performance historique du gestionnaire.


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10. N’agissez jamais sous le coup de l’émotion.
Lorsque vous prenez une décision, il est important de savoir si elle s’inscrit dans votre plan de vie. Il ne faut surtout pas que vos émotions l’emportent sur votre raison. Sinon, vous pourriez en subir de fâcheuses conséquences.

En terminant, la performance de votre portefeuille, comme vous avez pu le constater, risque davantage d’être influencée par votre capacité de gérer vos émotions que par votre connaissance des marchés financiers. Le conseiller pourra très bien vous aider à comprendre, mais il risque d’avoir de la difficulté à contenir vos émotions...

Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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