Impôt et fiscalité
Le paradis fiscal est littéralement à vos portes!
L’Opération zéro impôt promet de réduire votre fardeau fiscal, entre autres, grâce à l’utilisation judicieuse de votre hypothèque et de votre REÉR. Si vous possédez une maison, sachez que vous détenez là un puissant levier financier pour vous aider à garnir votre Régime enregistré d’épargne-retraite (REÉR).
Le principe est le suivant: si vous contribuez au maximum et le plus vite possible à votre REÉR, le montant que vous retirerez à votre retraite sera plus élevé en raison de l’effet «boule de neige» des intérêts composés (voir tableau Tôt ou tard?). Facile à dire, mais où prendre cet argent requis si rapidement pour réaliser cette stratégie de placement? Entre vos quatre murs!Votre domicile est la clé de l’Opération zéro impôt proposé par le Groupe Option Retraite. Le paradis fiscal à la fin de vos jours? Oui, et même avant! La stratégie consiste à retarder au plus tard le remboursement de votre hypothèque – amortissement sur 25 ans et non sur 15 ou 20 ans – afin de réduire vos paiements mensuels et de libérer ainsi des liquidités. Vous utiliserez ces dernières pour rembourser un nouvel emprunt qui servira à cotiser au maximum à votre REÉR. Dans cette optique, le dicton «Qui paie ses dettes s’enrichit» n’est plus si vrai! On devrait plutôt dire: «Qui gère mieux ses dettes s’enrichit!»
Espace REÉR à vendre!
Comme la majorité des Canadiens, vous n’avez pas utilisé toutes vos contributions REÉR. Allez vite regarder sur votre dernier avis de cotisation de Revenu Canada (celui que vous recevez quelques semaines après avoir envoyé votre déclaration de revenus au printemps). Vous y trouverez, dans la section intitulée «État du maximum déductible au titre des REÉR pour (l’année en cours)», le montant maximum que vous pouvez utiliser pour vos contributions REÉR, que nous appellerons espace REÉR.
Si, par exemple, vos cotisations non utilisées totalisent 30 000 $, empruntez aussitôt cette somme (en prêt REÉR ou en réhypothéquant votre maison; voir encadré Emprunter des milliers de dollars... est-ce facile? ci-contre). Ce prêt vous permettra de cotiser au maxi-mum à votre REÉR. Vous n’avez pas besoin d’attendre à la fin du mois de février de l’année prochaine pour investir dans un REÉR; en fait, vous avez intérêt à procéder dès maintenant! Ainsi, en investissant 30 000 $ dans votre REÉR (exemple ci-haut), vous augmenterez votre revenu personnel disponible, puisque vous aurez réduit votre revenu annuel imposable. En effet, votre taux marginal d’imposition sera calculé non pas sur votre vrai salaire (par exemple 50 000 $), mais sur la différence (50 000 $ moins 30 000 $ = 20 000 $).
Si, du début de l’année au jour où vous faites votre cotisation (par exemple en septembre, quelques mois avant la fin de l’année 2001), votre employeur vous a retiré de l’impôt à la source sur la base d’un revenu prévu de 50 000 $ et non de 20 000 $, vous n’aurez plus à en payer jusqu’à la fin de 2001, puisque vous en aurez suffisamment versé (voir tableau Les jumeaux).
Emprunter des milliers de dollars... est-ce facile?
L’Opération zéro impôt vous suggère d’emprunter le montant nécessaire pour investir dans tout votre espace REÉR. Facile à dire... mais à faire?
Le fait de posséder une maison vous permet de faire un prêt REÉR ou un prêt personnel en donnant votre maison en garantie. Ou bien, si vous n’avez pas complètement payé votre propriété, pourquoi ne pas étirer l’amortissement de votre hypothèque au maximum? Cette méthode vous permettra de dégager des liquidités qui serviront à rembourser votre prêt avec lequel vous aurez investi dans votre REÉR.
D’abord, les taux hypothécaires sont normalement assez bas pour qu’on n’ait pas à se presser de s’en débarrasser, contrairement au début des années 1980, quand les taux dépassaient les 18 %! Plus près de nous, il y a dix ans, les taux tournaient autour de 11 1/4 %. De nos jours, vous pouvez obtenir un taux de 6,5 %. Par exemple, une hypothèque de 100 000 $ amortie sur 25 ans à ce taux vous coûte 670 $ par mois (ou moins de 155 $ par semaine). En étalant vos paiements sur 25 ans (si vous aviez un amortissement de moindre durée), vous pouvez renégocier votre dette hypothécaire et obtenir un nouveau prêt... que vous pouvez utiliser pour investir dans un REÉR!
Notez que vous pouvez quand même solliciter un emprunt sans avoir une propriété. Les institutions financières accordent assez facilement des prêts REÉR à des taux plus avantageux que ceux des prêts personnels.
«Qui paie ses dettes s’enrichit» n’est plus si vrai! On devrait plutôt dire: «Qui gère mieux ses dettes s’enrichit!»
Les jumeaux
Claude et Claudette, 50 ans; salaire annuel: 65 000 $ chacun.
Taux moyen d’imposition: 36 %
Claude ne profite pas Claudette profite
de l’Opération zéro impôt de l’Opération zéro impôt
Salaire des 3 derniers mois Salaire des 3 derniers mois
16 250 $ 16 250 $
Contribution REÉR Contribution REÉR
aucune 16 250 $
Impôt payé pour Impôt payé pour
les 3 derniers mois les 3 derniers mois
6 300 $ ZÉRO*
* Avantages de la contribution REÉR de Claudette:
• Remboursement d’impôt d’environ 2 000 $ sur les neuf pre-
miers mois (car le revenu imposable est passé de 65 000 $ à
48 750 $)
• La cotisation REÉR de 16 250 $ de Claudette pourrait valoir
51 547 $ dans 15 ans, sur un rendement annuel estimé à 8 %
Revenu réduit = moins d’impôt et plus de prestations!
Quel est l’avantage de ne plus avoir de retenues pendant quelques mois, plutôt que de continuer à être imposé à chaque paie et de recevoir un retour d’impôt au printemps suivant? Deux raisons simples: d’abord, pourquoi laisser de l’argent qui vous revient dans les coffres du gouvernement pendant de longs mois? Ensuite, vous pouvez allouer le montant équivalant à vos retenues à la source au paiement mensuel de votre emprunt qui a servi à investir dans votre REÉR. Cette stratégie ne modifiera donc pas votre budget mensuel!
Pour que le service de la paie de votre entreprise sache que vous venez de changer de fourchette de revenu imposable, afin d’ajuster le taux marginal d’imposition en conséquence, vous devez remplir deux formulaires (voir illustration ci-contre) et les envoyer respectivement aux gouvernements fédéral et provincial. Ces derniers vous renverront une lettre qui confirmera l’approbation de votre demande. Vous remettrez ces réponses à votre employeur qui réduira ainsi vos retenues à la source.
Si vous avez choisi d’étaler votre cotisation (par exemple 10 000 $ par année pendant trois ans), vous réduirez votre revenu annuel trois ans de suite. Outre la réduction du taux d’imposition que cela vous procure, vous aurez peut-être droit à d’autres avantages, entre autres à des chèques de prestation fiscale pour enfant plus élevés, communément appelée «allocations familiales». Un surplus qui se prend avec plaisir!
Richard Dorval, président du Groupe Option Retraite et animateur de l’émission télévisée «Mon argent, mes finances» (tous les dimanches midi à TQS), rappelle le cas d’un couple qui avait enclenché l’Opération zéro impôt en se prévalant du régime d’accès à la propriété (RAP). «Les prestations fiscales pour enfants de cette famille sont passées de 30 $ à 300 $ par mois pour cette année-là, grâce à la contribution massive au REÉR, explique-t-il. De plus, son revenu imposable a tellement baissé que le couple a reçu les remboursements de TPS ainsi que l’allocation de 125 $ pour le chauffage auxquels il n’aurait pas eu droit, sans l’Opération zéro impôt.»
L’exemple de Robert et Louise
M. Dorval présente également la situation familiale d’un autre couple, Robert et Louise.
Louise Robert
45 ans 45 ans
Infirmière: Représentant:
salaire de 40 000 $ salaire de 60 000 $
Pas de REÉR et REÉR actuel
peu d’espace REÉR de 20 000 $ et cotisation mensuelle
de 300 $
Un petit fonds de Espace REÉR:
pension (REGOPP) car 90 000 $
elle a arrêté de travailler
plusieurs années
pour élever ses enfants
Retraite prévue Retraite prévue
dans 10 ans dans 15 ans
Maison Propriété achetée 150 000 $, qui vaut maintenant 180 000 $ Il reste 10 ans à l’hypothèque Solde hypothécaire: 65 000 $ Paiement de 771 $ par mois à 7,6 %
Solution
Le conseiller en placements de Louise et Robert leur suggère de hausser leur hypothèque de 65 000 $ et de la rééchelonner sur 25 ans. Il leur réfère un courtier hypothécaire qui leur obtient un taux de 6,5 % pour 5 ans. Le paiement mensuel est maintenant de 871 $; la hausse sera financée par la réduction de la cotisation mensuelle au REÉR.
Robert contractera également un prêt REÉR de 25 000 $. En retour, il obtient près de 1 700 $ de plus par mois sur ses paies pendant 15 mois (pas de déduction à la source), somme qu’il utilisera pour rembourser le prêt ayant servi à cotiser à son REÉR.
À 60 ans, au moment de la retraite de Robert, la valeur du REÉR avec un rendement annualisé de 8 % sera:
Avec la solution
du conseiller: Sinon:
REÉR* 416 894 $ REÉR* 228 505 $
moins hypothèque Hypothèque 0 $
76 985 $
Total 339 909 $ Total 228 505 $
Différence de 111 404 $
Tôt ou tard?
Rendement d’un placement total de 35 000 $ fait par deux individus du même âge, à sept ans d’intervalle. La croissance est calculée sur un rendement (intérêt) de 8 % par année.
O. Plutôt C. Plutard
An Dépôt Total An Dépôt Total
1 5 000 $ 5 000 $ 1 0 -
2 5 000 $ 10 400 $ 2 0 -
3 5 000 $ 16 232 $ 3 0 -
4 5 000 $ 22 531 $ 4 0 -
5 5 000 $ 29,333 $ 5 0 -
6 5 000 $ 36 680 $ 6 0 -
7 5 000 $ 44 614 $ 7 0 -
8 0 48 183 $ 8 5 000 $ 5 000 $
9 0 52 038 $ 9 5 000 $ 10 400 $
10 0 56 201 $ 10 5 000 $ 16 232 $
11 0 60 697 $ 11 5 000 $ 22 531 $
12 0 65 553 $ 12 5 000 $ 29 333 $
13 0 70 797 $ 13 5 000 $ 36 680 $
14 0 76 461 $ 14 5 000 $ 44 614 $
39 0 523 638 $ 39 0 305 538 $
Si O. Plutôt commence à l’âge de 30 ans (An 1) à investir 5 000 $ dans son REÉR, et ce, pendant sept ans (5 000 $ X 7 = 35 000 $), elle disposera, à 69 ans (An 39), d’un montant de plus de 523 000 $ qui lui procurera un revenu minimum obligatoire de près de 25 000 $ par an. Si elle a un conjoint qui a un placement semblable, ils bénéficieront ensemble de plus de 1 million $, soit plus de 4 000 $ par mois.
Quant à C. Plutard, il investit également 35 000 $ quelques années après, à partir de l’âge de 37 ans, à raison de 5 000 $ par an. Toutefois, la valeur de son placement atteindra, à sa retraite, un peu plus de la moitié de celui d’O. Plutôt, soit environ 305 000 $, ce qui revient à environ 14 500 $ par an. Compte tenu des imprévus qui peuvent survenir quand on est âgé, mieux vaut prévoir un revenu supérieur, non?
Comment gérez-vous votre budget?
1. Indiquez quelles dettes vous
remboursez en priorité:
A. Cartes de crédit
B. Hypothèque
C. Prêt auto
D. Prêt personnel
2. Avez-vous cotisé à un REÉR l’an dernier?
A. Oui
B. Non
C. En partie (pas au maximum)
3. Quel(s) dicton(s) vous
ressemble(nt) le plus?
A. «Qui paie ses dettes s’enrichit»
B. «La fortune vient en dormant»
C. «Dans le doute, abstiens-toi»
D. «Prudence est mère de sûreté»
E. «À chaque jour suffit sa peine»
4. Quelle(s) affirmation(s) est (sont) fausse(s)?
A. Que l’on commence à contribuer à un REÉR à 20 ans ou à 40 ans, l’important, c’est le montant cotisé.
B. Il vaut mieux investir 200 $ par mois
dans un REÉR que 2 400 $ d’un coup,
au début de l’année.
C. Remboursez de préférence votre
hypothèque avant de cotiser à
un RÉER.
D. Rééchelonnez votre prêt hypothé-
caire sur 10 ans plutôt que sur 25 ans.
Réponses:
Question 1:
Normalement, vous devriez vous débarrasser d’abord des dettes au taux d’intérêt élevé, comme les cartes de crédit! Si vous avez répondu que votre emprunt hypothécaire fait partie des priorités, repensez-y! Au contraire, il peut être plus avantageux de maintenir cette dette le plus longtemps possible (amortie sur 25 ans) pour vous permettre de cotiser au maximum à votre REÉR. Cette stratégie vous rapportera bien plus à votre retraite que la simple valeur de votre maison toute payée! À certains moments, une reconsolidation de dettes apportera plusieurs avantages, notamment au moment d’un rattrapage REÉR (cotiser d’un seul coup au REÉR).
Question 2:
Si vous avez répondu oui, vous faites partie des rares contribuables qui avez contribué au maximum l’an dernier. La majorité n’ont rien acheté ou n’ont cotisé qu’en partie. Selon Statistique Canada, en 1998, les Canadiens ont versé seulement 11 % de leur limite disponible à leur REÉR, laissant un espace de contribution REÉR inutilisé de 242,1 milliards $, montant qui se chiffrerait, en 2001, à près de 400 milliards $!
Cela signifie que chaque Canadien a droit à environ 21 000 $ en moyenne (19 550 $ au Québec). Pourtant, les REÉR vous donnent droit à des avantages fiscaux indéniables et vous assureront une retraite plus confortable que celle qui vous attend, si vous ne comptez que sur la «pension de vieillesse» du gouvernement. Selon Statistique Canada (Division des données régionales et administratives, février 1999), le revenu médian gagné au Québec était de 19 300 $ par personne en 1998. Cela signifie que si chaque Québécois cotisait au maximum à son REÉR (moyenne de 19 550 $ inutilisés), il réduirait son revenu annuel à zéro et ne paierait pas du tout d’impôt pendant un an!
Question 3:
A.: Probablement un des dictons les plus connus au Québec! Qui ne s’est pas fait dire de se débarrasser de ses dettes, pour améliorer son crédit (ou sa réputation)? Malheureusement, en liquidant le plus rapidement possible certains emprunts (hypothécaires, par exemple), vous n’avez plus de liquidité pour investir dans votre avenir, soit dans vos REÉR! Consultez un bon conseiller en placements qui pourra vous montrer comment maintenir certaines dettes actives... afin de vous enrichir la retraite venue!
B. Si vous croyez que «le plus sûr moyen de s’enrichir est de s’en remettre au hasard», sachez que des conseillers en placements pourraient vous donner des méthodes plus réalistes, notamment en vous présentant la stratégie «Opération zéro impôt». Pour du concret... bien sonnant!
C. Si vous n’agissez pas dans l’incertitude, vous risquez de rater de belles occasions! En matière de placement, ne doutez plus: au contraire, osez aller chercher de l’aide auprès de conseillers expérimentés et apprenez à gérer l’incertitude!
D. C’est en étant prudent qu’on évite tout danger. Si ce proverbe vous interpelle, vous êtes assurément prévoyant. Vous investissez dans un REÉR qui saura subvenir à vos besoins quand vous serez à votre retraite.
E. Si vous croyez qu’il faut faire face aux difficultés d’aujourd’hui sans penser à celles que peut nous réserver l’avenir, vous n’avez probablement pas encore cotisé à un REÉR... Il n’est pas trop tard pour le faire, ce qui serait une sage solution!
Question 4:
Elles sont toutes fausses! Dépêchezvous de consulter un bon conseiller en placements, pour en savoir plus long sur les trucs et astuces qui vous permettront d’épargner de l’impôt! Demandez-lui notamment de vous expliquer l’Opération zéro impôt, qui suggère de cotiser à un REÉR au maximum, quitte à acquitter votre dette hypothécaire le plus tard possible.







