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Gestion du risque

Prudence est mère de sûreté

Avez-vous des placements? Les avez-vous investis au Canada? Est-ce que 100 % de vos placements sont libellés en dollars canadiens?Si vous avez répondu oui à ces trois questions ou si tout simplement vous ne le savez pas, vous auriez sûrement avantage à rencontrer votre conseiller en placements. Vous passez peut-être à côté de belles occasions favorables.

Ne vous morfondez pas trop, car vous n’êtes pas tout seul dans cette situation et il est encore temps d’y remédier. Saviez-vous que le Canada représente environ 2 % de la capitalisation boursière mondiale? Et que, de 1989 à 1998, le marché boursier canadien n’a jamais été classé parmi les cinq meilleurs marchés au monde?

Même si les planificateurs financiers parlent souvent de diversification, la majorité des portefeuilles ont des lacunes à ce niveau. Si les investisseurs mettent de moins en moins leurs oeufs dans le même panier, ils oublient toutefois l’importance de diversifier leurs placements, entre autres, selon les secteurs géographiques.

À l’heure de la mondialisation, il est encore approprié de parler de diversification géographique. Dans la dernière année, nous avons assisté à la faiblesse de l’économie américaine, alors que celle du Canada s’en est bien tirée compte tenu des circonstances. Pourtant, les États-Unis et le Canada sont très rapprochés géographiquement, comme vous le savez, et ils ont des liens commerciaux très forts.

Cette différence dans l’économie s’est répercutée sur les marchés boursiers. Comme vous le voyez sur le graphique ci-contre, l’indice de la Bourse de Toronto (S&P TSX) a mieux fait que le Dow Jones au cours de la dernière année (en date du 7 juillet dernier), tout en offrant une moins grande volatilité.

1 AN DU S&P TSX COMPARATIVEMENT AU DOW JONES
En date du 7 juillet 2003



Il ne s’agit ici que d’une analyse à court terme. Les investisseurs cherchent de plus en plus à réduire la volatilité de leur portefeuille. Ils ne veulent plus revivre les émotions des dernières années. Lorsque nous investissons sur le marché des actions, il ne faut pas oublier d’avoir un horizon de placement d’au moins cinq ans si nous voulons sortir gagnants grâce à nos investissements. Maintenant, abordons un point un peu plus complexe, celui de la diversification selon les monnaies. En d’autres mots, pourquoi avez-vous tous vos placements, ou presque, libellés en dollars canadiens?

Chaque marché boursier, comme chaque monnaie, représente un risque que nous devons tenter d’atténuer. Investir en dollars canadiens peut sembler sans risque mais vous devez savoir qu’il y a au moins deux bonnes raisons de profiter de la diversification selon les monnaies. On parle ici de la réalisation de gains additionnels suite à une variation favorable du taux de change et le maintien du pouvoir d’achat si les épargnants doivent dépenser dans une monnaie autre que le dollar canadien. Au cours des dernières années, la baisse de notre dollar canadien face au dollar américain aura permis à certains investisseurs d’aller chercher des gains additionnels. Toutefois, au début de l’année 2003, ils ont pu voir l’effet inverse sur leurs placements. En général, les placements américains ont augmenté sensiblement au même rythme que la remontée du dollar canadien. Au bout du compte, les investisseurs n’ont pas vu de changement sur leur état de compte pour cette portion de leur portefeuille. En somme, le gain des actions américaines a été annulé par la perte de valeur du dollar américain. Comme c’est un point un peu plus complexe, l’apport de votre conseiller sera doublement utile.

Vous aimez voyager?



Passez-vous la moitié de l’année à l’extérieur du pays en voyage? Comptez-vous passer une bonne partie de votre retraite à voyager? Si tel est le cas, vous êtes un candidat idéal pour détenir des placements libellés dans d’autres monnaies que le dollar canadien. Par exemple, vous auriez avantage à détenir des placements en dollars américains si vous passez six mois en Floride. Ainsi, votre compte de placements chez votre courtier pourrait financer votre séjour annuel sur les plages du sud.

RAPPEL DES DIFFÉRENTS RISQUES QUI VOUS MENACENT:
• Risque lié à la volatilité
• Risque lié à l’inflation
• Risque lié à l’impôt
• Risque lié à la concentration
• Risque de défaut
• Risque de change
• Risque d’intérêt


Trois moyens simples pour avoir des placements libellés en dollars américains



À première vue, il peut être difficile de s’imaginer détenir des placements libellés dans une autre devise que le dollar canadien. Nous sommes habitués à transiger dans notre monnaie. Voici quelques avenues simples qui vous permettront d’y arriver.

Fonds communs de placements.
Certains fonds communs de placements vous permettent d’investir en dollars canadiens ou en dollars américains. Ils ne sont pas légion, mais ils existent. Généralement, nous parlons ici de fonds à fort contenu américain. La sélection des fonds demeure importante. Il ne faut pas choisir le fonds simplement parce qu’il est offert en dollars américains, mais bien parce qu’on y retrouve un gestionnaire de qualité et que les objectifs du fonds répondent à un besoin.

Obligations libellées en dollars américains.
Le gouvernement canadien et même les provinces émettent beaucoup d’obligations en dollars canadiens. Il leur arrive également de sortir des obligations libellées sous une autre devise. Il peut être intéressant d’en acquérir. Si vous achetez une obligation libellée en dollars américains, par exemple, les versements d’intérêts que vous recevrez seront aussi dans cette devise. Voilà un moyen facile de vous procurer des dollars américains pour votre prochain voyage en Californie!

Il est à noter que le rendement que vous procurera l’obligation est en fonction du marché obligataire américain, par exemple, pour une obligation libellée en dollars américains. Il est important de bien évaluer chacun de vos gestes. Par exemple, au cours de la première moitié de 2003, les taux d’intérêt américains étaient inférieurs aux taux canadiens. Il faut avoir une bonne idée de la tendance des taux de chaque pays avant de prendre une telle décision. En somme, il ne faut pas prendre de décisions importantes à la légère. Rassurezvous, votre conseiller en placements est là pour vous accompagner dans votre réflexion. Point intéressant, les obligations libellées en dollars canadiens ou en devises étrangères sont toujours considérées comme du contenu canadien dans le cadre de vos comptes enregistrés, si elles sont émises par un émetteur canadien.

Actions.
Par l’entremise de votre conseiller en placements, il peut être également facile de se procurer des titres américains qui se transigent sur les principales places boursières américaines. Vous n’avez qu’à penser à la Bourse de New York et au Nasdaq.

Si vous achetez des actions d’une société qui verse des dividendes, vous recevrez des versements en dollars américains tous les trimestres.

Dow Jones – des exemples de compagnies connues



Il est important de comprendre qu’il ne faut pas acheter une action seulement pour son dividende, mais d’abord pour les perspectives à long terme de la société. Par exemple, si vous êtes convaincu qu’avec les événements du 11 septembre 2001, les baby-boomers vont davantage s’adonner au cocooning, et si vous aimez magasiner au Home Depot de votre localité, vous êtes sûrement un bon candidat pour acheter des actions de cette société même si ses dividendes ne rapportent que 1,4 % en date du 14 juillet dernier. Il est fortement recommandé d’acheter des actions d’une entreprise que vous connaissez et que vous admirez.

TABLEAU DES EXEMPLES
DE COMPAGNIES CONNUES –
DOW JONES
Sociétés Dividende annuel % dividende
par action par action
3M 2,64 $ 2,00 %
American Express 0,40 $ 0,91 %
AT&T Corp. 0,75 $ 3,90 %
Coca-Cola Inc. 0,88 $ 1,90 %
General Electric 0,76 $ 2,60 %
General Motors Corp. (GM) 2,00 $ 5,60 %
Hewlett-Packard Co. 0,32 $ 1,40 %
Home Depot 0,24 $ 0,72 %
Johnson & Johnson 0,96 $ 1,80 %
McDonald’s Corp. 0,24 $ 1,00 %
Merck & Co. Inc. 1,44 $ 2,30 %
Microsoft 0,08 $ 0,29 %
Proctor & Gamble 1,82 $ 2,06 %
Walt Disney 0,21 $ 1,00 %
Wal-Mart Stores Inc. 0,36 $ 0,60 %

Source: www.globeinvestor.com au 14 juillet 2003

Attention



Même si vous êtes résidant canadien et que vos investissements se retrouvent à l’intérieur d’un régime enregistré, vous êtes, à votre décès, soumis aux droits de succession américains. Vous devez, pour cela, détenir des actions de sociétés américaines, certaines obligations ou titres de créances émis par des sociétés américaines, des bons du trésor et autres titres émis par le gouvernement américain.

Comme non-résidant, vous détenez un crédit qui vous exempte les premiers 60 000 $US de valeur imposable. Prenez note que les taux des droits de succession sont assez gourmands: ils sont progressifs et peuvent atteindre 55 %.

Deux façons de commencer sa diversification selon les monnaies



1. Acheter selon l’importance des marchés.
Dans un premier temps, si tout votre argent est investi au Canada, nous vous conseillons de commencer à investir sur le marché américain. Ce dernier est le plus gros marché au monde; il représente environ 50 % de la capitalisation boursière mondiale. Après coup, vous pourrez investir en Europe où l’on retrouve environ le quart de la capitalisation boursière mondiale et ensuite, en Asie où il y a moins de 20 %.

2. Acheter sur faiblesse d’une devise.
Une autre stratégie utilisée pour faire votre entrée dans la diversification, selon les monnaies, est l’«achat sur faiblesse» d’une devise. Un des moyens simples de voir si une monnaie est «sur faiblesse» est de suivre l’évolution de son cours sur une longue période. Il s’agit de faire l’analyse technique des taux de change. Un autre moyen, non scientifique et un peu plus compliqué pour déceler une faiblesse, est de suivre l’indice Big Mac (combien vaut le légendaire hamburger de McDonalds dans le monde!) [Voir le tableau L’indice Big Mac cidessous] développé par la revue The Economist.

Selon le dernier relevé de l’indice Big Mac, on peut voir que le dollar canadien devrait se situer à 1,18 $CA pour 1 $US pour avoir une parité de pouvoir d’achat entre le dollar canadien et le dollar américain. Nous nous retrouvons ici avec l’hypothèse qu’il n’y pas de différence de qualité entre les différents Big Mac. Est-ce le cas? Votre opinion est aussi bonne que la mienne!

Au 22 avril, date de l’étude, le taux de change était de 1,45 $CA pour 1 $US. Au 1er juillet, le taux de change était rendu à 1,3475 $ CA pour 1 $US. Le dollar canadien s’était apprécié par rapport au dollar américain, après une dépréciation généralisée de ce dernier sur le marché mondial de change. Le dollar américain pouvait-il toujours se déprécier à cette période? Possiblement, mais c’était sûrement un moment propice pour commencer des placements en $US.

En conclusion, vous comprendrez que la prudence est de mise, ou, pour reprendre le slogan de la Société des alcools du Québec, «la modération a bien meilleur goût». Ceci s’applique non seulement à la consommation d’alcool, mais également en finances. Comme vous êtes toujours menacé par divers risques, il est important de mesurer l’impact de chacun de vos gestes et de ne pas concentrer vos placements dans un seul pays, dans une seule monnaie, dans une seule classe d’actifs, dans un seul secteur et encore moins dans un seul titre. Bonne diversification!

L’indice Big Mac (En date du 22 avril 2003)



Pays États-Unis $ monnaie locale 2,71 $US $US 2,71 Parité du pouvoir d’achat Taux de change (22 avril 2003) Évaluation vs $US
Angleterre 1,99 livre sterling 3,14 1,36 dollar par livre 1,58 dollar par livre 16 %
Australie 3,00 $ australien 1,86 1,11 1,61 - 31 %
Brésil 4,55 reals 1,48 1,68 3,07 - 45 %
Canada 3,20 $CA 2,21 1,18 1,45 - 18 %
Zone de l’euro 2,71 euro 2,97 1,00 dollar par euro 1,10 dollar par euro 10 %
Japon 262 yens 2,19 96,7 120 - 19 %
Mexique 23 pesos 2,18 8,49 10,53 - 19 %
Russie 41 roubles 1,32 15,1 31,1 - 51 %
Suède 30 couronnes 3,6 11,1 8,34 33 %
Suisse 6,30 francs suisses 4,59 2,32 1,37 69 %

Source: www.economist.com et McDonald’s


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Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca

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