Gestion du risque
LES OPTIONS, pas seulement pour les spéculateurs!
Voici un produit bien mal connu des gens. La grande majorité des épargnants pensent que les options ne servent qu’à la spéculation. Dans les faits, elles peuvent jouer deux rôles diamétralement opposés.
Les options peuvent aider l’investisseur à diminuer le risque de son portefeuille ou l’aider à spéculer sur les marchés grâce à l’effet de levier qu’elles procurent. Elles peuvent également servir à générer un revenu et à fixer le prix futur d’un achat ou d’une vente. Nous ne parlerons pas ici du côté spéculatif des options. Nous présenterons plutôt des stratégies qui sont à la portée de tous les investisseurs, même les spéculateurs! Dans un premier temps, définissons les options. Il en existe deux types: les options d’achat et les options de vente. Vous pouvez vendre ou acheter une option d’achat ou de vente. Acheter une option d’achat ou de vente vous procure un droit, alors que vendre une option d’achat ou de vente vous confère une obligation. L’option porte sur un élément sous-jacent qui peut être soit un titre boursier, un indice, une obligation, une devise, une marchandise ou un contrat à terme. Vous l’aurez deviné, l’option sur action est la plus populaire. L’option est valide pour une période et à un prix prédéterminés. Au Canada, les options sur actions se transigent uniquement à Montréal depuis le transfert de la négociation des actions àToronto en 1999. À partir de 2009, la Bourse de Toronto a bien l’intention de se lancer dans la négociation des options comme en font foi les multiples déclarations de son président au cours des derniers mois. Pour vous aider à mieux comprendre les transactions possibles, voici un exemple concret. À la clôture des marchés le 8 juillet dernier, la dernière option d’achat sur les actions de Bombardier à 3 $ échéant en janvier 2006 s’est échangée à 0,40 $, et la dernière option de vente s’est aussi transigée à 0,40 $. Voici donc ce que chacune des transactions possibles vous aurait rapporté si elles portaient sur 10 contrats d’option (en ne tenant pas compte des frais de courtage):
Achat d’une option d’achat
L’acheteur aurait versé 400 $ (1000 x 0,40 $) en échange du droit d’acheter 1000 actions de Bombardier d’ici le jour d’échéance en janvier 2006 à un prix unitaire de 3 $. Pour votre information, le prix de clôture de l’action de Bombardier était de 2,85 $ le 8 juillet dernier.
Vente d’une option d’achat
Le vendeur aurait reçu 400 $ en échange de l’obligation de livrer 1000 actions de Bombardier à l’acheteur, si ce dernier décide de se prévaloir de son droit d’ici le jour d’échéance en janvier 2006 à un prix unitaire de 3 $.
Achat d’une option de vente
L’acheteur aurait versé 400 $ en échange du droit de vendre 1000 actions de Bombardier au vendeur de l’option à un prix unitaire de 3 $. Il a jusqu’au jour d’échéance en janvier 2006 pour se prévaloir de son droit.
Vente d’une option de vente
Le vendeur de l’option de vente aurait reçu 400 $ en échange de l’obligation d’acheter 1000 actions de Bombardier à 3 $ l’action si l’acheteur se prévaut de son droit d’ici le jour d’échéance en janvier 2006. Des stratégies vous viennent probablement déjà en tête. Un petit conseil avant d’aller plus loin: ne vous lancez pas seul dans la négociation d’option chez un courtier escompteur à moins d’avoir beaucoup de connaissances dans ce type d’investissement. Mettre en place une stratégie d’options demeure complexe; vous devez entre autres choisir le bon élément sous-jacent, le bon mois d’échéance, le bon prix de levée, la bonne quantité de négociation et le bon moment d’achat.
Quoi qu’il en soit, voici quelques stratégies que vous pourriez discuter avec votre conseiller en placements.
1. Vous détenez des actions de Bombardier et vous recherchez un revenu. Par exemple, vous avez acheté 1000 actions de Bombardier à 1,85 $. L’action se transige maintenant à 2,85 $. Vous avez donc un profit sur papier de 1000 $. Vous aimeriez que ce placement génère du revenu. C’est possible, mais comment? En vendant 10 contrats (1000 actions) d’option d’achat sur Bombardier échéant en janvier 2006 à un prix de levée de 3 $. Par conséquent, vous recevrez le prix de l’option (0,40 $) multiplié par le nombre d’actions en jeu(1000), soit 400 $. Cependant, vous devrez vendre vos actions de Bombardier à 3 $ si elles se transigent au-dessus de 3 $ d’ici le jour d’échéance de l’option en janvier 2006.
2. Vous détenez des actions de Bombardier et vous voulez protéger votre gain. Conservons l’exemple du point 1. Vous avez acheté 1000 actions de Bombardier; vous avez donc un profit sur papier de 1000 $. Vous voulez le protéger car vous avez des incertitudes à court terme quant au titre de Bombardier. L’entreprise sera t-elle en mesure de signer un accord avec Pratt & Whitney pour la fourniture du moteur du prochain avion C-Series? Si jamais ça ne fonctionne pas, vous ne voulez pas courir le risque de tout perdre ce profit. Vous pourriez donc acheter une option de vente sur 1000 actions de Bombardier. Pour l’échéance de janvier 2006, vous devrez payer 400 $, mais cela vous donnera le droit de les vendre à 3 $. Si vous les vendez tout de suite, vous faites 1000 $ de profit, alors que si vous vous prévalez de votre droit de les vendre d’ici janvier, vous amassez 750 $. Cependant, si jamais les bonnes nouvelles s’accumulent, cela vous empêche de conserver ces actions ou de tout simplement les vendre
à meilleur prix.
3. Vous n’avez pas d’actions de Bombardier, mais vous en voulez. Vous pouvez toujours en acheter directement sur le marché boursier; l’achat de 1000 actions vous coûtera 2850 $. Cependant, vous pouvez participer à la croissance du titre de Bombardier sans devoir investir autant. Par exemple, vous pourriez acheter une option d’achat sur 1000 actions de Bombardier échéant en janvier 2006 à un prix de levée de 3 $. Cela vous demandera un déboursé de 400 $. Si l’action ne bouge pas d’ici là, vous perdrez 400 $. Si l’action baisse à 2 $, vous perdrez 400 $, mais vous pourrez acheter vos 1000 actions de Bombardier à 2 $. Si on ajoute le prix de l’option, vos actions vous reviendraient à 2,40 $, ce qui est bien moins que les 2,85 $ d’aujourd’hui. Et si elles montaient à 4 $ d’ici janvier, vous pourriez vendre votre option et réaliser un profit, ou simplement lever votre action et vous retrouver avec 1000 actions qui vous auront coûté 3,40 $, soit le prix de l’option (0,40 $) plus le prix de levée (3 $). C’est ce qu’on appelle l’effet de levier des options. Avec un petit investissement, vous pouvez réaliser un gain important.
4. Vous n’avez pas d’actions de Bombardier, mais vous en voulez. Une autre option s’offre à vous, si vous voulez un titre et que vous êtes prêt à prendre un certain risque. Vous pourriez décider de vendre une option de vente. Si nous continuons avec le même exemple, vous recevrez 400 $, mais en retour vous serez obligé d’acheter 1000 actions de Bombardier à 300 $. Si le titre de Bombardier monte à 3 $, vous aurez perdu la plus-value de 0,15 $ l’action, mais vous aurez tout de même obtenu la valeur des options, soit 400 $. Nous pouvons alors parler d’un profit de 250 $. Si l’action baisse à 2 $, votre option sera levée. Vous devrez donc vous porter acquéreur de 1000 actions de Bombardier à 3 $. En tenant compte du prix de l’option reçue, cela revient à une perte de 600 $, soit le prix de levée (3 $) moins le cours actuel (2 $), moins le prix de l’option reçue (0,40 $), multiplié par le nombre d’actions (1000). Si l’action monte à 4 $, vous aurez réalisé un gain de 400 $, soit le prix de l’option reçue. Cependant, vous auriez réalisé un gain de 1150 $ en achetant les actions. Il faut noter dans ce cas-ci que cette stratégie vous obligera à déposer à titre de marge un certain montant d’argent afin de rassurer les autorités quant à votre capacité d’acheter les actions si votre option est levée. Votre conseiller pourra vous indiquer le montant à déposer si vous procédez selon cette stratégie.
Questions légitimes
Vous venez d’explorer rapidement l’univers des options grâce à quatre stratégies qui s’appliquent très bien à des investisseurs prudents. Nous pourrions publier un magazine uniquement sur ce produit d’investissement: présentation des facteurs qui font fluctuer le prix d’une option, des stratégies combinant plus d’une option, de la fiscalité des options, etc. Si vous voulez plus d’information, consultez les sites présentés dans le tableau ou suivez un cours sur les options. L’Institut des dérivés et la Formation mondiale CSI (anciennement l’Institut canadien des valeurs mobilières) offrent des cours sur le sujet.
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







