Gestion de la retraite et FERR
Système de retraite, le Québec et le Canada n’ont rien à envier
Qu’en est-il de nos systèmes québécois et canadien de sécurité financière? Sont-ils comparables à ceux d’autres pays? Si l’on se fie à une étude de la Régie des rentes du Québec, il semble que nos systèmes de retraite se portent plutôt bien. Voici quelques points de cette enquête.
Au Québec, l’heure est à la réflexion. Pendant que le Parti libéral du Québec continue de réfléchir à la réingénierie de l’État, la Régie des rentes du Québec (RRQ) a commandé une évaluation du système québécois de sécurité financière à la retraite par rapport à celui d’autres pays: France, Italie, Pays- Bas, Suède, Royaume-Uni, Allemagne, Japon et États-Unis. L’exercice visait à déceler les forces et les faiblesses de notre système et de découvrir les bonnes pratiques mises au point par d’autres pays à l’intérieur de systèmes comparables au nôtre. Les résultats dévoilés en octobre dernier prouvent que nous sommes bien positionnés en la matière.Question de financement
Généralement, les pensions sont financées par les entreprises, les travailleurs ou les revenus généraux du gouvernement (voir tableau 1). Au Québec, la RRQ est financée à parts égales entre les travailleurs et les employeurs. Malgré une récente hausse des cotisations, le taux de contribution de l’employé est très faible ici comparativement aux autres pays. Le taux, fixé à 6 % du revenu d’emploi en 1997, a été augmenté progressivement à 9,9 % jusqu’à 2003 afin d’éviter que les nouvelles générations assument un coût beaucoup plus élevé que celui des précédentes. Évidemment, en retour, les prestations versées par la RRQ sont généralement moins généreuses. Au Canada, le régime de pension de la sécurité de la vieillesse (PSV) est financé par les revenus généraux du fédéral.
La PSV représente environ 9 % de la masse salariale. Le régime de pension des Québécois inclut la PSV et la RRQ. Les coûts de ce système se comparent avantageusement à ceux des autres pays. Avec le vieillissement généralisé de la population, on peut se demander si les régimes perdureront.
Le tableau 2 démontre que le Canada est avantageusement positionné lorsqu’on le compare aux autres pays. Le pourcentage des dépenses projetées de pensions publiques par rapport au produit intérieur brut (PIB) ne franchira pas 7 % d’ici 2040. Bien sûr, les États-Unis, le Royaume- Uni et l’Australie font mieux (ils laissent beaucoup plus de place aux régimes privés), mais notre situation est bien meilleure que certains pays d’Europe. L’Allemagne, la France et l’Italie iront jusqu’à des sommets variant de 15,9 à 16,6 % d’ici 2040. Ainsi, le coût des pensions ne devrait pas affecter trop négativement les finances publiques ni exercer de pression sur les cotisations des travailleurs et des entreprises.
Question de revenus
Le tableau 3 présente une comparaison des revenus équivalents disponibles, c’est-à-dire un revenu qui tient compte de la fiscalité et des caractéristiques du ménage, des personnes de 65 ans et plus avec ceux des 18 à 64 ans. Le Canada est numéro 1 à ce chapitre. Le Royaume-Uni et l’Italie se situent au bas du classement. L’étude révèle aussi qu’il n’y a pas de baisse significative des revenus équivalents disponibles au Québec et au Canada pour les retraités par rapport à deux classes d’âge: les 51 à 64 ans et les 41 à 50 ans. Les retraités profitent d’environ 85 % des revenus disponibles des 41 à 50 ans et même des 51 à 64 ans. Donc, même si notre système n’est pas des plus coûteux, il peut assurer à nos retraités une des meilleures sécurités financières de l’étude.
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Côté bien-être
Selon l’étude, le Québec et le Canada n’ont pas de réel défi dans le bien-être économique des gens âgés. Les États-Unis ne vivent pas la même situation. L’étude révèle que, au milieu des années 90, les Américains avaient de lourds défis notamment quant au taux de revenu et à l’inégalité des revenus. Évidemment, il faut regarder avec perspective ce constat, car il porte sur le passé et non le futur. Avec le vieillissement démographique, la situation pourrait changer.
Les défis du Québec Malgré ce rapport rassurant, la partie n’est pas gagnée pour le Québec. Les naissances sont très insuffisantes, la population vieillit vite, la retraite est prise rapidement, en moyenne à 60 ans, bien des travailleurs n’ont pas de fonds de pension de leur employeur et peu de Québécois se prévalent du programme de retraite progressive.
En 2005, un projet de loi sera déposé afin que le Québec garde sa position avantageuse dans le monde. Entre autres, il favorisera une retraite plus tardive des travailleurs québécois.
Il n’en demeure pas moins que le système québécois de sécurité financière à la retraite compte plusieurs forces. Son financement est diversifié, ce qui diminue ses risques. Le gouvernement n’a pas à y consacrer une trop grande part de ses revenus. Le système offre une flexibilité tant pour les individus que les entreprises. Par exemple, celles-ci ne sont pas obligées d’avoir un fonds de pension. Dans un tel cas, les employés peuvent cotiser à un REÉR. La RRQ produit périodiquement une évaluation actuarielle de sa santé financière. Les dispositions du régime sont aussi révisées périodiquement. La fiscalité québécoise encourage les travailleurs à épargner en vue de leur retraite.
Avez-vous fait évaluer votre future retraite?
Comme la RRQ, vous devriez commander une étude de votre bilan financier. Il est important que vous sachiez si vous êtes sur la bonne voie compte tenu de votre situation financière actuelle, de vos habitudes d’épargne et de vos projets de retraite. Votre conseiller en placements devrait pouvoir faire cette évaluation.
Plusieurs autres aspects se retrouvent dans l’étude. Pour en prendre connaissance, visitez le site Internet de la Régie des rentes du Québec: www.rrq.gouv.qc.ca
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







