Gestion de la retraite et FERR
Le chiffre magique de 70%
Les experts et les documents, tant gouvernementaux que privés, évoquent tous le chiffre phare de «70 % des revenus des cinq meilleures années de travail» comme cible à atteindre pour profiter d’une retraite confortable. D’où provient ce chiffre et peut-on le considérer comme un objectif suffisant à atteindre?
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, durant la période d’après-guerre, l’État et les grandes entreprises, devant les besoins de sécurité sociale, ont entrepris d’assurer 70 % des revenus de travail au personnel à la retraite. Cette proportion avait été évaluée selon l’estimation de la baisse des dépenses une fois la retraite commencée. On évoquait notamment l’arrêt des cotisations au Régime des rentes et aux syndicats professionnels, de même que la diminution des frais de déplacements et autres. Ce montant était constitué grosso modo ainsi:• 15 % en pension de sécurité de la vieillesse
• 25 % en Régime des rentes du Québec (RRQ)
• 30 % en régimes de pension privés (programmes de retraite des employeurs, REÉR, etc.)
Aujourd’hui, les conditions sociales ont changé et les programmes ont passablement évolué, mais le chiffre de 70 % demeure. Toutefois, est-ce qu’il en coûte vraiment moins cher à un retraité pour vivre? La réponse varie selon le niveau de vie que l’on veut s’offrir. Au début de la retraite, les personnes sont encore actives, et leurs loisirs ou voyages nécessitent de l’argent. Puis, avec l’âge, apparaissent les maladies de vieillesse qui imposent le recours à des soins et à une médication. Il est donc essentiel de se constituer un capital d’appoint aussitôt que possible en prévision de tous ces types de dépenses.
Prédire l’avenir
Avec l’augmentation de l’espérance de vie, une personne qui prend sa retraite à 60 ans peut raisonnablement prévoir vivre environ 25 ou 30 ans. Elle comptera alors sur ses revenus de retraite publics et privés pendant cette période. À quoi correspondra le montant nécessaire annuellement pour vivre? En comparant le coût de la vie d’aujourd’hui et celui d’il y a plus de 20 ans, il est facile de faire une approximation de ce qu’il en coûtera pour vivre en 2027 ou 2030, par exemple. Ajoutez à cela quelques milliers de dollars par année en médicaments, frais médicaux et imprévus, et la prévision sera relativement représentative du montant nécessaire à la retraite (voir l’exemple des timbres-poste en bas à gauche).
Bien des économistes prévoient une surdemande des rentes de retraite des programmes publics, fédéral et provincial, en raison du vieillissement de la population et du grand nombre de personnes qui prendront leur retraite dans les années à venir. La Régie des rentes du Québec prétend avoir ajusté le niveau des contributions afin de pouvoir faire face à cette surcharge. Quant au régime fédéral, les importants surplus prévus devraient eux aussi compenser pour la demande, dit-on. Selon les pessimistes, il en résultera une baisse notoire des montants alloués en rentes par personne. Selon les optimistes, les régimes publics s’ajusteront aux exigences démographiques.
L’importance de l’épargne
À moins que vous ne prévoyiez certaines extravagances à la retraite, l’objectif de 70 % de vos revenus comme rente annuelle de retraite demeure valide. Le plafond de cotisation à un REÉR inutilisé représente près de la moitié de ce que les Canadiens ont cotisé, soit près de 170 milliards $. La raison? Le système favorise davantage la consommation que l’épargne. Les experts en finances personnelles conseillent à la population de ne pas se laisser distraire par les incitatifs à la dépense et de se concentrer plutôt sur des objectifs d’épargne prioritaires. En clair, vous devez vous constituer le plus tôt possible un capital personnel: ce pécule demeure votre meilleure garantie d’une retraite confortable.







