Gestion de la retraite et FERR
Évaluer la venue du jour J
Cécile, un personnage fictif semblable à des milliers, doit décider à quel âge prendre sa retraite. Une quantité importante de facteurs déterminent ce choix et un bon plan s’avérera fort utile pour qu’elle en sorte gagnante.
Considérations financières, fiscales, personnelles et autres ont toutes leur poids relatif dans la balance lorsque vient le moment de planifier l’âge de la retraite. Il est important de les évaluer correctement pour bien établir ses priorités.À 62 ans, Cécile songe à la retraite anticipée. Mère de trois enfants âgés de 42, 39 et 37 ans, elle perçoit une rente de veuve depuis le décès de son mari. Ce dernier, atteint d’une maladie dégénérative qui s’est déclarée il y a six ans, a nécessité des soins spécialisés continus qui ont hypothéqué la situation financière familiale. Le décès attribuable à une autre maladie a heureusement donné droit à l’indemnisation de l’assurance en raison de la nature non prévisible de la pathologie. Cécile enseigne à l’université en sciences infirmières et occupe un poste à temps partiel dans une clinique privée. À son décès, elle aimerait aider ses trois enfants de la manière qui lui semble leur convenir le mieux à chacun. Elle a l’intention de:
• Laisser sa maison, évaluée à 175 000 $, à l’aîné qui est ouvrier-artisan.
• Remettre 175 000 $ pour l’achat d’équipement de valeur à sa fille qui est artiste.
• Remettre 175 000 $ à son fils cadet pour l’achat du chalet qu’il rêve tant. Cette situation ressemble à des milliers de cas. Voyons comment, de façon concrète, si Cécile pourrait prendre une retraite à 62 ans comme elle le désire.
Faire un bilan
Le bilan de la situation financière est le point de départ de toute planification de retraite. Les objectifs que l’on veut atteindre sont alors évalués afin de savoir s’ils sont réalisables. Dans le cas de Cécile, un bilan rapide se présente ainsi:
• Salaire: 67 000 $ par an
• Rente de survivante: 8 300 $ par an
• Actifs (REÉR hérité de son conjoint, RPA, maison, automobile et valeur de rachat de sa police d’assurance): 650 000 $
• Passif (marge de crédit, hypothèque, cartes de crédit, prêt auto, etc.): 115 000 $
• Espace REÉR: 70 000 $ accumulé depuis 1991
Valeur nette: 535 000 $ Aux fins de l’estimation, les calculs et prévisions doivent tenir compte des paramètres qui affectent maintenant et dans l’avenir les revenus et le niveau de vie tels que:
• Taux d’inflation: 2 %
• Taux de rendement prévu: 7 %
L’objectif du fonds de pension est de procurer un revenu de retraite qui équivaudra à 2 % du salaire moyen des cinq années de travail les mieux rémunérées pour chaque année de cotisation. Si la rente de pension excède la rente maximale permise par l’impôt, ce pourcentage sera réduit.
Dans le cas de Cécile, la date normale de retraite serait dans deux ans et demi. La rente équivaudrait alors à 57 % de son salaire moyen des cinq années les mieux rétribuées. Actuellement, la valeur de sa rente acquise dans le régime de retraite de l’employeur se chiffre à 405 000 $ en calculant les cotisations excédentes. Elle possède également un REÉR d’une valeur de 30 000 $ et une assurance-vie de 100 000 $ dont elle peut se servir pour effectuer certaines manoeuvres financières.
62 ans ou 65 ans?
Il s’agit maintenant de calculer si l’actif accumulé peut fournir le manque à gagner des rentes issues des programmes publics afin d’atteindre le niveau de vie souhaité, soit 70 % des cinq meilleures années de travail. Le coût de vie annuel (après impôt) de Cécile est évalué à 42 000 en dollars d’aujourd’hui alors qu’à la retraite il serait de 29 400 en dollars d’aujourd’hui toujours. L’analyse du dossier de Cécile révèle qu’en tenant compte des revenus de sources publiques, des sommes accumulées dans le régime de retraite de son employeur et des autres sources (REÉR, placements, etc.), elle pourrait prendre sa retraite dès aujourd’hui et maintenir le niveau de vie souhaité (voir graphiques en pages 27 et 28).
La succession
Cependant si elle prend sa retraite à 62 ans ou à 65 ans, elle ne pourra réaliser toutes ses ambitions. En effet, l’héritage partagé entre ses enfants ne serait pas à la hauteur de ses désirs. Advenant une retraite à 62 ans et un décès à 80 ans, par exemple, il lui resterait en placements – après le paiement de l’impôt au décès – près de 77 000 $ contre près de 103 000 $ à 90 ans. Par contre, si elle tient toujours à léguer autant d’argent, elle pourrait considérer l’option de souscrire à une autre assurance-vie.
Prévoir pour pouvoir choisir
Dans ce cas fictif très courant, on voit les diverses options qui s’offrent à Cécile. Cette situation représentative d’une personne de classe moyenne présente un certain degré de latitude. Les diverses embûches qu’a rencontrées Cécile ont affecté sa situation financière. C’est le cas de la plupart d’entre nous qui connaissons, un jour ou l’autre, des imprévus et des malchances. Comme on le voit pour Cécile, ce sont les régimes auxquels elle a souscrit pendant de nombreuses années – le plan de retraite de son employeur pendant 26 ans et les programmes publics – qui constitueront la part principale de son revenu de retraite.
Dans l’élaboration d’un plan de retraite, le temps est le facteur le plus important. Plus on s’y prend à l’avance, plus la panoplie des choix qui s’offrent à nous est grande. Il existe de multiples façons d’atteindre nos objectifs de retraite et une bonne planification, adaptée à notre profil par un planificateur financier compétent, est certainement la meilleure des bases sur laquelle construire notre avenir.







