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Gestion de la retraite et FERR

Comme les trois mousquetaires...

Les revenus qui assurent la subsistance à la retraite proviennent de trois sources: des gouvernements fédéral et provincial, et des particuliers (épargnes personnelles et programmes des employeurs). Ces revenus dépendent de votre salaire et de la durée de la période de contribution. Comment les évaluer?

Lors de l’instauration des régimes de retraite il y a une cinquantaine d’années, les instigateurs de ces programmes – gouvernements et grandes entreprises – ont évalué qu’un individu qui prend sa retraite à 65 ans aura besoin de 70 % de son revenu annuel brut moyen des cinq dernières années de travail pour maintenir son niveau de vie.

On estime que les régimes publics fédéral et provincial peuvent assurer jusqu’à 40 % de ce montant. La différence, soit 30 %, dépend de régimes privés de retraite, d’économies personnelles (dont le REÉR) ou d’une combinaison des deux. Par exemple, pour quelqu’un habitué à un salaire de 40 000 $ avant impôt, il devra compter sur 28 000 $ par année à la retraite.

Programme fédéral



Le régime fédéral constitue un des deux volets des régimes publics d’épargne retraite. Il s’adresse à l’ensemble des Canadiens, qu’ils soient travailleurs ou non. La loi sur la Sécurité de la vieillesse est entrée en vigueur en 1952. L’âge d’admissibilité a été fixé à 65 ans en 1970. Il est à noter qu’il faut en faire la demande pour la recevoir, de sorte que plusieurs personnes y ayant droit ne la reçoivent pas. En 2000, environ 50 % des personnes âgées de 65 ans et plus au Québec ne recevait que la pension fédérale de base; l’autre 50 % gagnait des prestations supplémentaires grâce au programme du Supplément de revenu garanti, sans dépasser 12 456 $.

Le programme fédéral de la Sécurité de la vieillesse octroie trois types de prestations aux personnes retraitées: la pension de Sécurité de vieillesse, le Supplément de revenu garanti et l’Allocation au conjoint et aux veufs ou veuves. Au 1er janvier 2002, la pension de Sécurité de vieillesse mensuelle maximale se chiffrait à 442,66 $, soit 5 311,92 $ par année. La pension est indexée trimestriellement: elle est rajustée aux trois mois selon les fluctuations de l’indice général des prix à la consommation. Imposable, elle est amputée de 15 % du revenu net individuel de l’année précédente qui excède 56 968 $. La pension n’est plus accordée lorsque le revenu net atteint 92 381 $.

Le Supplément de revenu garanti est un montant additionnel qu’une personne recevant une pension peut se voir accorder lorsque son revenu le justifie. Au 1er janvier 2002, le montant mensuel maximum était de 526,08 $ pour une personne seule et de 342,67 $ par personne pour un couple, si tous les deux reçoivent une pension de vieillesse ou si le conjoint reçoit une allocation au conjoint. Avec une bonne planification financière, il est possible, en organisant bien ses revenus de retraite, de recevoir le supplément; de là l’importance d’avoir un bon conseiller en placements. Plusieurs conditions stipulées au programme fédéral entraînent une diminution de ce supplément lorsqu’elles sont remplies.

Comparaison des revenus nets entre la vie active et la retraite



Revenu brut Impôt Assur. emploi RRQ Dépenses* Épargne Revenu net
Vie active 40 000 $ 9 532 $ 858 $ 1 673 $ 2 400 $ 4 000 $ 21 537 $
Retraite 28 000 $ 6 083 $ Ø Ø Ø Ø 21 917 $
* Dépenses = estimé des dépenses afférentes à un emploi soit les frais de transport, de stationnement, de restaurant, d’habillement et de cotisation syndicale.

Celui-ci est alors qualifié de supplément partiel. Comme pour la pension, il est indexé chaque trimestre. Cependant, contrairement à la pension, le supplément ne constitue pas un revenu imposable.

Le troisième type de prestations du programme fédéral de Sécurité de la vieillesse, l’Allocation au conjoint et aux veufs ou veuves, est accordé au conjoint âgé de 60 à 64 ans d’un pensionné de la Sécurité de la vieillesse ou à un veuf ou une veuve également âgé(e) de 60 à 64 ans. Au 1er janvier 2002, l’allocation mensuelle maximale au conjoint était de 785,33 $ et de 867,02 $ aux veuves et aux veufs. Cette allocation est indexée et non imposable.

Selon le statut civil, l’âge et les revenus, les prestations maximales en 2002, si aucun autre revenu n’est gagné, varient de 9 423 $ à 11 624 $ par année par personne.

Régime des rentes du Québec



La province de Québec est la seule à administrer son propre programme de rentes aux citoyens retraités, instauré en 1965. Les autres provinces participent au Régime de pension du Canada (RPC). Les dispositions des deux régimes sont cependant essentiellement les mêmes. Au cours des années, le Régime des rentes du Québec (RRQ) s’est étoffé afin de répondre adéquatement aux besoins. Aujourd’hui, par exemple, le programme n’oblige plus les personnes âgées de 65 à 70 ans à prendre leur retraite pour que leur soient versées les indemnités. Il permet aux cotisants de prendre une retraite anticipée à leur 60e anniversaire et reconnaît les conjoints de fait.0

Le choix de se retirer à 60 ou à 65 ans dépend de calculs prenant en considération de multiples facteurs (voir article Prendre sa retraite à 60 ou à 65 ans? à la page 25). Selon les taux actuels de 2002, le seuil de rentabilité pour le retraité qui choisit de réclamer le RRQ à 65 ans plutôt qu’à 60 ans sera atteint à 75 ans, avec des cotisations supérieures à celles qu’il aurait reçues s’il avait commencé à les réclamer à 60 ans.

Les rentes mensuelles maximales payables en 2002 par la Régie des rentes du Québec varient de 552,13 $, pour une rente de retraite à 60 ans, à 788,75 $ pour une rente de retraite à 65 ans.


Fonds de pension, REÉR et placements personnels



La troisième source de revenus à la retraite qui vient compléter les deux régimes gouvernementaux provient des programmes privés (fonds de pension, REÉR, placements personnels). C’est celle sur laquelle nous avons un contrôle relatif. Selon la notion courante de calcul des revenus de retraite, une proportion d’au moins 30 % devrait provenir de ces régimes pour garantir le maintien de notre niveau de vie. C’est dire l’importance de nous assurer du meilleur rendement possible de nos régimes complémentaires de retraite.

Dans cette catégorie, on retrouve les programmes de retraite de l’employeur. Théoriquement, les montants sont transférables en cas de changement d’emploi au programme de retraite du nouvel employeur, le cas échéant. Mais les conditions précaires et mouvantes des emplois par les temps qui courent font que les modalités et les fluctuations de ces régimes méritent une attention particulière de la part de leurs actuels souscripteurs.

Les programmes de Régimes enregistrés d’épargne retraite (REÉR) font également partie de ces sources de revenus complémentaires et diversifiées, sur lesquelles on dispose de la plus grande marge de manoeuvre, tant du point de vue de la gestion que de celui du rendement.

Une retraite à la mesure de ses ambitions



Généralement, un individu gagnant moins de 20 000 $ par an a de la difficulté à souscrire à un REÉR en raison de ses faibles gains. Il lui est toutefois plus facile d’atteindre le fameux 70 % de ses revenus avec les seuls régimes publics. Si cette personne n’a pas prévu augmenter son niveau de vie à la retraite, elle n’éprouvera pas de difficulté.

Par contre, un salarié gagnant plus de 20 000 $ par an a avantage à avoir des revenus de placements à la retraite, puisque la différence s’accroît entre les rentes publiques et l’objectif de 70 % de son salaire calculé sur sa période active. Toutefois, seulement 45 % des travailleurs québécois contribuent à un régime complémentaire de retraite avec leur employeur. Les autres ne peuvent compter que sur les régimes publics et sur leurs épargnes personnelles (REÉR, placements, etc.). Quand on pense que d’ici 2020, il y aura deux fois plus de bénéficiaires de la Régie des rentes en raison du vieillissement de la population – à raison d’un retraité pour deux travailleurs –, qui peut prédire la portion des revenus de retraite qui devra alors être assurée par les régimes privés et les épargnes personnelles?

La rente de la RRQ, à 60 ans ou à 65 ans?



Hypothèse: Nous avons calculé le seuil de rentabilité, qui sera atteint à l’âge de 75 ans, selon un taux d’inflation annuelle de 2 % et un taux d’imposition de 50 %, sans aucune épargne.

À 60 ANS À 65 ANS Âge Prestation Cumulatif Prestation Cumulatif après impôt après impôt 60 ans 6 626 $ 3 313 $ 61 ans 6 758 $ 6 692 $ 62 ans 6 893 $ 10 138 $ 63 ans 7 031 $ 13 654 $ 64 ans 7 172 $ 17 240 $ 65 ans 7 315 $ 20 897 $ 10 450 $ 5 225 $ 66 ans 7 461 $ 24 628 $ 10 659 $ 10 555 $ 67 ans 7 611 $ 28 433 $ 10 872 $ 15 991 $ 68 ans 7 763 $ 32 315 $ 11 090 $ 21 536 $ 69 ans 7 918 $ 36 274 $ 11 312 $ 27 191 $ 70 ans 8 076 $ 40 312 $ 11 538 $ 32 960 $ 71 ans 8 238 $ 44 431 $ 11 769 $ 38 845 $ 72 ans 8 403 $ 48 632 $ 12 004 $ 44 847 $ 73 ans 8 571 $ 52 918 $ 12 244 $ 50 969 $ 74 ans 8 742 $ 57 289 $ 12 489 $ 57 213 $ 75 ans 8 917 $ 61 747 $ 12 739 $ 63 582 $0000000000

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