Fonds mutuels
Les fonds communs de placement en 10 points
Au cours des 15 dernières années, l’industrie des fonds communs de placement a connu une progression fulgurante. Tour d’horizon de ce secteur de marché fondé en 1932. Après une ère de haut taux d’intérêt, les investisseurs qui cherchaient des solutions de rechange aux certificats de placement garanti (CPG) ont découvert les avantages des fonds communs de placement.
Plus de 4500 fonds existent présentement au Canada. Les fonds regroupent une multitude d’investisseurs (détenteurs de parts) qui mettent en commun une partie de leurs économies pour l’achat d’unités (de parts également) afin d’investir ensemble dans divers titres. Ainsi, par un seul placement – habituellement très liquide et facile à vendre –, les investisseurs obtiennent une intéressante diversification sans que ça leur coûte une fortune. Les dix points suivants devraient vous permettre de mieux les connaître.Une gestion de portefeuille professionnelle
Les fonds communs de placement bénéficient d’une gestion de portefeuille compétente. Un gestionnaire (seul ou en comité) s’occupe de l’achat et de la vente des titres appartenant au fonds. Une équipe de professionnels appuie le gestionnaire dans son mandat, et chaque fonds a des objectifs bien précis à respecter. Par exemple, un gestionnaire d’un fonds de santé pourrait très bien avoir dans son équipe des médecins et des chercheurs l’aidant à dénicher des compagnies qui offrent de belles perspectives. Le gestionnaire et son équipe analysent les bilans financiers et l’évolution boursière des titres. Ils prennent aussi le temps d’aller dans les entreprises (rencontre avec les dirigeants et les employés, visite des installations...).
Limite d’investissement
Avant d’acheter un fonds commun de placement, vous pouvez lire le compte rendu de ses caractéristiques dans le prospectus. Ce document juridique vous informera sur les objectifs du fonds et sur les restrictions qui s’appliquent dans sa gestion. De plus, il vous éclairera sur les risques auxquels vous vous exposez en acquérant des parts, y compris sur les frais de gestion s’y rattachant.
Afin de s’assurer d’une certaine diversification, les organismes de réglementation du commerce des valeurs mobilières interdisent aux fonds communs de placement de détenir plus de 10 % de leurs actifs dans un seul titre. Seuls les fonds indiciels peuvent contrevenir à cette règle. De votre côté, vous devez savoir que la plupart des fonds exigent de vous un investissement minimal de 500 $, mais ce minimum peut aller aussi jusqu’à 150 000 $ pour certains fonds.
Les fonds communs se divisent en trois grandes catégories: les fonds équilibrés, les fonds de revenus et les fonds d’actions. À l’intérieur de ces trois groupes, il peut exister diverses sous-catégories.
A- Dans la catégorie des fonds équilibrés, on retrouve évidemment les fonds équilibrés, mais aussi les fonds de répartition d’actifs et les fonds de fonds (c’est-à-dire un fonds qui investit dans plusieurs fonds d’actions ou dans plusieurs fonds de revenus). Par exemple, dans cette catégorie, on retrouve la série Portefeuille de C.I. et les fonds Quotentiel de Franklin Templeton.
B- Dans la catégorie des fonds de revenus, nous retrouvons les fonds de marché monétaire, les fonds hypothécaires et ceux d’obligations. Nous pourrions pousser plus loin la division de cette catégorie en parlant des fonds d’obligations à court terme, des fonds d’obligations à long terme, et la liste peut encore s’allonger.
C- Dans la catégorie des fonds d’actions, on parle d’abord des fonds d’actions de grandes capitalisations, de petites capitalisations, des fonds spécialisés (dans un secteur, comme les fonds de la santé, fonds technologiques, etc.) et des fonds internationaux. Bien qu’ils aient pour objectif de verser des revenus, les fonds de dividendes sont considérés comme des fonds d’actions. Encore là, la division de cette catégorie peut se prolonger.
Deux types d’approche dans les fonds d’actions
1- Les fonds de valeur. Le gestionnaire d’un fonds de valeur choisira des titres qui se transigent à bas prix. Les sociétés sélectionnées devront cependant être de bonne qualité. Le gestionnaire va considérer les sociétés qui ont un ratio cours-bénéfice inférieur à la moyenne (cours de l’action divisé par le bénéfice par action) et qui ont un rendement supérieur à la moyenne (dividende annuel divisé par le cours de l’action). Il portera également une attention particulière au rapport entre le cours de l’action et la valeur comptable par action. Les gestionnaires de ces fonds vont vendre généralement leur participation dans une société quand les investisseurs versent une prime pour cette dernière.
2- Les fonds de croissance. Le gestionnaire d’un fonds de croissance choisira plutôt des titres qui présentent de fortes probabilités de hausse de leur bénéfice et ce, à long terme. Il mise sur le fait que les investisseurs portent beaucoup d’intérêt à la croissance des bénéfices. Les titres sélectionnés sont peut-être plus chers par rapport au ratio cours-bénéfice au moment de l’achat, car le gestionnaire choisit les meilleurs dans un secteur donné. Il évalue leur probabilité de maintenir leur bonne performance financière. Ces titres sont donc souvent plus sensibles aux mauvaises nouvelles. Les gestionnaires de ces fonds vont vendre généralement leur participation dans une société quand cette dernière n’offrira pas les mêmes perspectives de croissance.
Certaines variantes dans les fonds communs
Depuis l’an 2000, on a observé une multiplication des fonds communs au Canada. Cette situation est attribuable à la très grande créativité de l’industrie des fonds. Les investisseurs peuvent donc bénéficier de ces évolutions afin de mieux adapter leur portefeuille d’investissement.
Premièrement, il y a les fonds REÉR. L’industrie utilise des produits dérivés afin d’offrir des fonds communs admissibles comme contenu canadien dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REÉR), même si le fonds fluctue en fonction d’un fonds étranger. Le fonds REÉR obtiendra un rendement similaire au fonds étranger. Avec le dernier budget fédéral, ces fonds vont finir par disparaître.
Deuxièmement, les promoteurs de fonds offrent maintenant des fonds corporatifs (chaque firme qui offre ce produit a un nom différent pour ce type de fonds). Cette série de fonds est structurée en tant que société d’investissement à capital variable, de sorte que les détenteurs de parts peuvent transférer leur placement d’un fonds à un autre à l’intérieur de cette série sans encourir de conséquences sur le plan fiscal.
Troisièmement, certaines compagnies de fonds offrent les fonds de série T. En somme, ces fonds font partie d’un plan de retrait systématique (PRS). Ce programme vous permet de recevoir mensuellement et de façon fiscalement avantageuse des revenus substantiels de la part de vos épargnes qui sont à l’extérieur de vos régimes enregistrés. Les premières années, vous recevrez (avec cette série) des revenus qui seront très peu imposés, car ceux-ci sont majoritairement considérés comme des remises en capital. Il s’agit donc d’une méthode reportant le plus tard possible l’imposition de votre placement.
Plan d’achat et de retrait systématique
Les sociétés de fonds communs offrent aux investisseurs l’option d’acheter périodiquement des parts d’un ou de plusieurs fonds. Ainsi, il est possible d’acheter hebdomadairement, par exemple, des parts d’un fonds avec un investissement aussi minime que 25 $. La société de fonds prélèvera automatiquement l’argent de votre compte bancaire. Cette option permet à l’investisseur d’épargner régulièrement.
Dans la même veine, les retraités, notamment, peuvent se prévaloir du plan de retrait systématique afin de générer une partie de leur revenu de retraite. Certains fonds offrent donc un programme qui permet aux investisseurs de prélever sur une base régulière un montant déterminé d’un ou de plusieurs fonds communs. Ainsi, vous pourriez décider de retirer 100 $ par mois d’un de vos fonds. À ce moment, la compagnie de fonds procéderait mensuellement à la vente d’un nombre suffisant de parts.
Transférabilité d’un placement au sein d’une famille de fonds
Les sociétés de fonds communs offrent aux investisseurs de transférer, dans la même famille de fonds, leurs placements d’un fonds à un autre. Généralement, des frais s’appliquent. Cependant, cette option peut être très avantageuse pour l’investisseur qui veut rééquilibrer son portefeuille, se sortir d’un fonds peu performant, profiter d’une occasion de marché ou même se protéger d’une prochaine correction.
Les fonds communs étrangers
Comme son nom l’indique, ce type de fonds permet d’investir principalement dans des titres étrangers (actions, obligations, titres hypothécaires, etc.) achetés et vendus dans une monnaie étrangère. Par conséquent, votre investissement fluctue aussi en fonction du taux de change du dollar canadien par rapport aux autres devises. Par exemple, en 2004, si vous avez investi dans un fonds américain, le rendement de votre fonds a été fortement affecté, puisque le dollar américain a perdu des plumes face à notre dollar.
L’imposition
Les fonds communs détenus à l’extérieur des régimes enregistrés (REÉR, FERR, CRI, FRV, RRI, REÉÉ) sont imposés comme le serait n’importe quel autre placement. D’une part, la plusvalue de votre investissement vous sera imposée au moment de la disposition de votre placement. Rappelons que la moitié de votre gain en capital sera imposée. Les distributions de revenus le sont aussi. La distribution peut être sous forme de revenu, de dividende ou de gain en capital. Au lieu de recevoir les distributions, les investisseurs qui décident de les réinvestir doivent faire attention dans le calcul de leur gain en capital. Leur conseiller pourra les aider dans cette tâche. D’autre part, les distributions que vous recevrez durant une année devront être incluses dans votre déclaration de revenus. Vous recevrez en début d’année un feuillet fiscal explicatif. Il faut faire attention si vous achetez un fonds en fin d’année, car si ce dernier procède à une distribution, vous devrez payer l’impôt en conséquence comme si vous aviez détenu le placement toute l’année.
Les frais applicables
Des frais de gestion sont prélevés pour tous les fonds communs et ils sont versés au promoteur du fonds. Ils servent entre autres à payer le gestionnaire, les coûts d’exploitation du fonds et les communications avec les détenteurs de parts. Ses frais sont imputés à la valeur unitaire. Par conséquent, les rendements présentés par les fonds prennent les frais en considération. Il ne peut donc pas y avoir de mauvaises surprises.
Par ailleurs, les épargnants ont parfois à payer une commission à leur conseiller s’ils achètent des fonds qui n’ont pas de frais à la vente. Si, au contraire, le fonds impose des frais à la vente (s’il est vendu avant une période de temps donnée), les investisseurs n’auront pas à payer de commission. Et si vous décidiez d’effectuer un transfert d’un fonds à un autre, même si c’est à l’intérieur d’une même famille de fonds, des frais vous seront généralement imputés. En conclusion, les fonds communs ont plusieurs caractéristiques. D’abord, ce sont des véhicules d’investissement très alléchants.
Ils permettent aux investisseurs de participer de façon économique aux marchés financiers, de bénéficier de la diversification afin de diminuer leur risque et d’investir à l’échelle planétaire grâce aux fonds communs étrangers. Il ne faut pas oublier que le Canada ne représente qu’environ 2 % de la capitalisation boursière mondiale. Nous ne pouvons pas négliger les occasions d’investissement à l’étranger. De plus, les fonds communs peuvent jouer un rôle crucial dans la planification des revenus de retraite, notamment grâce à la série T, comme nous l’avons expliqué plus haut (plan de retrait systématique qui permet de se verser un montant mensuel).
Auteur : Stéphane Mondou , Directeur du marketing , Groupe Option Retraite , s.mondou@option.ca







