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Gros plan sur un métier de la finance, les gestionnaires de portefeuille

C’est à eux que vous confiez votre argent lorsque vous investissez dans des fonds communs de placement. Mais savez-vous comment ils le gèrent? Option Retraite a tenté d’en savoir plus sur ces gestionnaires de portefeuille, acteurs majeurs de la finance qui font fructifier votre argent.

Il est probable que la majorité d’entre vous n’avez jamais rencontré de gestionnaires de portefeuille. Lorsque vous souhaitez investir dans des fonds communs de placement – l’on utilise souvent, à tort, l’anglicisme fonds mutuels –, vous vous adressez à un conseiller en placements. Mais en réalité, l’avenir de votre épargne dépend du travail des gestionnaires de portefeuille. «Nous gérons l’argent des autres», explique M. Denis Ouellet, gestionnaire du fonds Talvest pour la société Tal gestion globale d’actifs. Et selon lui, ce métier qui consiste à gérer les montants qui leur sont confiés implique une «très grande responsabilité ». Celle-ci est en effet énorme puisque le gestionnaire de portefeuille doit investir dans une gamme de titres susceptibles de procurer le maximum d’argent à l’investisseur. «Il s’agit d’ajouter de la valeur au portefeuille de nos actionnaires», confirme M. Maxime Lemieux, gestionnaire de fonds chez Fidelity.

Analyse et rigueur pour sélectionner les titres du portefeuille



Pour faire fructifier l’épargne de ses clients, le gestionnaire de portefeuille va passer près de la moitié de son temps à des activités de recherche qui lui permettront de faire les choix d’investissements les plus judicieux. Le reste de son temps est consacré à la gestion, c’est-à-dire à l’ajustement des investissements (achat ou vente de titres). «Une partie de notre travail est plutôt administrative et consacrée à la gestion des comptes, l’autre partie est axée sur la recherche», résume M. Michel Brutti de la firme Jarislowsky Fraser. L’organisation du travail des gestionnaires de portefeuille varie selon les sociétés. En général, ils participent aux activités de recherche sur les entreprises dans lesquelles ils peuvent investir.

Ils peuvent faire davantage de recherche (dans ce cas-là, on les appelle des analystes) ou davantage de gestion, comme c’est actuellement le cas de Michel Brutti. «Pour effectuer la recherche sur des sociétés susceptibles d’intéresser le fonds, nous entrons en contact avec plusieurs personnes: le management des entreprises, les analystes et d’autres professionnels du secteur d’activité concerné. Grâce à tous ces renseignements recueillis, le gestionnaire de portefeuille sera en mesure de présenter les conclusions de son travail de recherche dans un rapport…», dit ce dernier.

Un travail d’équipe



Chez Jarislowsky Fraser, c’est sur la base du rapport de l’analyste que le comité d’investissement prend ses décisions d’investissement. M.Ouellet participe au travail de recherche:

«Je travaille avec une équipe composée d’une dizaine de professionnels qui ont tous leur propre spécialisation. Pour ce qui est de la recherche, nous nous partageons les responsabilités », explique-t-il. Il faut noter que, en tant que responsable d’un fonds d’actionscanadiennes chez Tal, Denis Ouellet prend seul les décisions finales d’investissement.

Quant à Maxime Lemieux de Fidelity, comme son confrère, il consacre également une partie importante de sa journée à la recherche de renseignements sur des entreprises, tout en profitant du soutien de professionnels spécialisés. «Nous avons une équipe interne d’analystes », précise-t-il.

L’analyse des sociétés est réalisée selon des règles bien précises. «À Fidelity, nous utilisons l’approche bottom up», dit Maxime Lemieux. «Cela signifie que nous choisissons des entreprises qui offrent le meilleur retour sur l’investissement, peu importe le secteur dans lequel elles évoluent.» Comme le dit Denis Ouellet, «il y a des critères qualitatifs et quantitatifs» qui permettent aux gestionnaires de portefeuille de se forger une opinion d’investissement.

En général, ils utilisent à peu près les mêmes critères. Michel Brutti de Jarislowski Fraser les définit ainsi: «Nous nous intéressons aux entreprises qui évoluent dans des industries de croissance. Puis, nous sélectionnons les meilleures de ces secteurs; ce sont souvent celles qui ont su créer des barrières pour éviter l’arrivée de concurrents.

De plus, le bénéfice des sociétés dans lesquelles on est susceptible d’investir doit connaître un taux de croissance de l’ordre de 13 % à 15 %. Enfin, elles doivent présenter une bonne santé financière.»

Discipline et psychologie pour faire face aux fluctuations des marchés



Si les divers fonds communs de placement utilisent des méthodes semblables pour sélectionner les entreprises, ils ont chacun leur propre spécificité. De fait, un investisseur prudent n’investira pas dans le même fonds qu’un investisseur prêt à prendre davantage de risques. «Nous travaillons à l’intérieur d’une politique d’investissement qui nous est imposée par l’entreprise qui vend les fonds», affirme Denis Ouellet.

Dotés de minutieuses capacités d’analyse, les gestionnaires de portefeuille savent aussi faire preuve de discipline et de psychologie pour ne pas céder aux émotions provoquées par les fluctuations des marchés. «Il faut être flexible, car chaque cycle est différent. Nos facultés de jugement nous permettent de nous adapter aux nouvelles conjonctures», explique Denis Ouellet, qui travaille dans le secteur depuis 26 ans.

Lorsque les marchés financiers sont instables, ces professionnels gardent la tête froide et essaient d’en profiter le plus possible. «Les marchés qui baissent créent des occasions d’acheter», disent les gestionnaires de portefeuille que nous avons questionnés. «Nous en profitons aussi pour nous séparer des titres très volatils», ajoute M. Lemieux.

Un raisonnement qui devrait rassurer les investisseurs inquiets du sort de leur épargne!

Pour faire fructifier l’épargne de ses clients, le gestionnaire de portefeuille va passer près de la moitié de son temps à des activités de recherche qui lui permettront de faire les choix d’investissements les plus judicieux.


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