Fonds mutuels
Ce qu’il faut savoir sur les fonds communs de placement
Pourquoi accorder aux fonds communs de placement une telle importance dans la gestion de votre portefeuille? Quels sont leurs principaux avantages? Combien coûtent-ils? Où trouver des renseignements à leur sujet? Autant de questions qui ont été posées au président du Groupe Option Retraite, M. Richard Dorval.
Option Retraite (O.R.): Pour de nombreuses personnes, s’aventurer dans le monde de l’investissement peut s’avérer complexe. Comment pouvez-vous aider nos lecteurs à y voir un peu plus clair?Richard Dorval (R.D.): Il ne faut pas oublier qu’il y a quatre classes d’actifs dans lesquelles on peut investir: les métaux précieux (or, diamants, etc.), l’immobilier, les placements à revenus fixes et les titres de propriété des entreprises qu’on appelle «actions». Actuellement, les investisseurs sont plutôt attirés – et ils ont raison – par les placements à revenus fixes et par les actions. Mais attention, ils doivent adopter un comportement discipliné pour éviter de paniquer au moindre recul des marchés boursiers. En effet, le principal risque est de devenir victime de ses émotions, ce qui peut facilement arriver lorsque, par exemple, les taux d’intérêt sont ridiculement bas ou encore lorsque les indices et les placements boursiers traversent une très mauvaise période, comme c’est le cas actuellement.
O. R.: Comment peut-on gérer ses placements en gardant la maîtrise de soi?
R. D.: Il faut procéder à l’analyse de ses besoins en placements. Cela permettra de déterminer quels seront nos besoins pour respecter à court terme (3 ou 5 ans) le style de vie que nous aurons choisi. Il sera ensuite possible d’évaluer la portion de nos épargnes qui devra être destinée aux placements sécuritaires à court terme (placements à revenus fixes comme les obligations gouvernementales et les coupons détachés). Dès que cette portion-là sera définie, il sera possible de savoir quelle portion d’actifs sera consacrée aux investissements à long terme, c’est-à-dire aux actions.
Au Canada, les fonds communs de placement sont généralement constitués en fiducie. Investir des sommes d’argent dans un fonds commun revient à acheter des unités de fiducie. En cas de profit, c’est-à-dire lorsque vous vendez vos unités de fonds ou lorsque vous retirez une portion de votre placement pour la placer dans un autre fonds, vous devez payer des impôts immédiatement, sauf si vos placements sont détenus à l’intérieur d’un régime enregistré d’épargne-retraite (REÉR).
Pourquoi choisir un fonds commun de placement?
Pour Richard Dorval, un passionné de chevaux investira dans une écurie. Une personne souhaitant acheter des actions a tout intérêt à choisir des fonds communs de placement.
«Quand je parle des fonds communs de placement comme stratégie d’investissement dans le marché des actions, je fais souvent référence aux investissements sur les chevaux. Si vous souhaitez investir sur les chevaux, il vous faudra tenir compte de plusieurs contraintes quotidiennes: le nettoyage, la nourriture, l’entraînement, les soins, etc.
Vous trouverez donc plus pratique d’investir dans une écurie plutôt que dans un ou plusieurs chevaux. L’écurie vous permettra de diversifier vos chances de succès (vous avez accès à divers chevaux) tout en vous garantissant un quotidien plus souple grâce à la présence d’un bon gérant. Les fonds communs de placement vous offrent les mêmes avantages lorsque vous décidez d’acheter des actions: moins de risque et plus de possibilité de succès grâce aux diverses actions auxquelles vous avez accès, la sécurité du placement grâce au professionnalisme des gestionnaires de portefeuille.»
O. R.: Pourquoi privilégier les fonds communs quand on décide d’investir dans des actions? (voir encadré Pourquoi choisir un fonds commun de placement ci-contre)
R. D.: Tout le monde n’a pas les connaissances pour prendre les bonnes décisions. Dans quel titre boursier investir? Quand fautil vendre? Quand faut-il acheter? La majorité des investisseurs est incapable de répondre à ces questions. Il y a des règles à suivre, par exemple celle qui consiste à ne jamais investir plus de 3 % à 5 % de son portefeuille dans un même titre. De plus, les actions ne sont pas à la portée de toutes les bourses! Il faut également de la patience et du temps pour s’en occuper… Or, pour résoudre tous ces problèmes, les fonds communs de placement sont une bonne solution. Ils vous offrent une kyrielle de choix d’investissement.
O. R.: Quels sont les différents types de fonds ?
R. D.: Il y a les fonds communs d’actions canadiennes, américaines, européennes… Vous avez donc accès à un marché mondial, ce qui constitue un avantage important. D’autres fonds sont spécialisés dans des secteurs d’activité comme la santé, l’industrie pharmaceutique, les biotechnologies, etc.
O. R.: Quels sont les autres avantages des fonds communs de placement?
R. D.: Il y a des avantages inhérents à la fiscalité. Ainsi, il est possible de faire fructifier vos revenus pendant quelques années à l’abri de l’impôt même en faisant des retraits systématiques (voir encadré Intérêt fiscal des fonds communs de placement: l’exemple de René à la page 26). Il existe aussi une autre catégorie de fonds communs qui présentent des avantages importants: on les appelle les fonds corporatifs (voir l’article sur les fonds corporatifs à la page 28). Ceux-ci sont constitués, sur le plan juridique, comme une société. Cela signifie qu’en investissant dans ces fonds vous devenez propriétaire d’actions d’une entreprise qui en détient d’autres. Imaginons que vous souhaitiez utiliser le profit réalisé en investissant dans une compagnie qui détient des actions américaines pour acquérir des actions canadiennes d’une compagnie faisant partie de la même famille de fonds. Cette transaction ne générera aucun gain de capital. Les fonds corporatifs permettent de passer d’un type de fonds à un autre à l’intérieur d’une même famille de fonds sans déclencher de gain de capital. En fait, l’imposition est reportée au moment de la disposition finale du placement. Ainsi, l’investisseur ne paiera des impôts que le jour où il décidera de sortir complètement de cette famille de fonds.
O. R.: Combien coûte l’acquisition de fonds communs de placement?
R. D.: La question des coûts est très importante, mais elle ne représente pas un critère déterminant pour faire son choix. Deux solutions peuvent être envisagées. La première consiste à opter pour des placements sans frais d’acquisition, mais comportant des frais de rachat. Grâce à une bonne stratégie, il sera possible de ne jamais payer de frais de rachat. La seconde solution consiste à payer un pourcentage variant entre 1 % et 2% à l’achat sans aucuns frais de rachat. Il est recommandé d’utiliser les services d’un conseiller en placements pour éviter de payer les frais de rachat.
O. R.: Il existe près de 3 800 fonds communs de placement au Canada. Comment en choisir un qui garantira un bon rendement?
R. D.: Attention, les résultats d’un fonds pour une année donnée ne garantissent pas ceux de l’année suivante! Les investisseurs achètent souvent des fonds communs qui ont réalisé une superbe performance. Mais les gestionnaires de portefeuille se comportent comme des athlètes... Après une course, ils sont essoufflés, il faut les laisser se reposer un peu! Pourquoi ne pas choisir des fonds qui ont connu des performances moyennes? Leurs gestionnaires auront plus de chances de réussir dans ces conditionslà. Les gestionnaires de portefeuille ont une philosophie et une vision du marché à laquelle ils croient… On ne peut pas deviner quand ils réussiront, mais il faut être patient et leur faire confiance.
O.R.: Les investisseurs doivent donc apprendre à composer avec le caractère aléatoire des marchés financiers?
R. D.: Oui… Je souhaiterais évoquer ici un gestionnaire de portefeuille qui s’appelle Peter Lynch. Celui-ci dit avoir réalisé, de 1980 à 1990, un rendement annuel de 21,27 % pour un fonds d’actions américaines. Pourtant, il reste convaincu que la majorité des personnes qui ont investi avec lui ont perdu de l’argent. Pourquoi? Parce qu’évidemment il y a eu des périodes où le rendement du fonds évoluait à la baisse et d’autres où il était en hausse. Lorsque le rendement était très bon, de nouveaux clients investissaient. Mais en raison des fluctuations des marchés, ces mêmes clients cédaient souvent à la panique, vendaient leurs placements à court terme et perdaient de l’argent…
O. R.: Que conseillez-vous aux investisseurs?
R. D.: Il faut éviter d’être victime de ses émotions! Le plus grand risque est de ne pas posséder de fonds communs quand les marchés financiers évoluent à la hausse rapidement.
Les principaux types de fonds communs
Rendement Ratio des frais Type de fonds Exemples de fonds sur 5 ans de gestion canadiennes
Fidelity Frontière Nord 11,6 % 2,51 %
étrangères américaines AGF catégorie croissance américaine 10,0 % 2,69 %
européennes Fidelity croissance Europe 7,7 % 2,56 %
Japon Fidelity croissance Japon 2,2 % 2,67 %
marchés émergents C.I. Marchés nouveaux 5,2 % 2,85 %
Obligations canadiennes Trimark obligations canadiennes 6,2 % 1,31 %
Obligations étrangères C.I. Obligations mondiales 3,8 % 2,15 %
AIM équilibré canadien 9,5 % 2,46 %
Fidelity marché monétaire 3, 57 % 1,02 %
Science & technologie Aim technologies mondiales 15,8 % 2,98 %
Soins de santé C.I. secteur science santé mondiale 12,8 % 2,56 %
Service financiers C.I. secteur services financiers mondiaux 14,3 % 2,58 %
Rendement au 31 janvier 2002
Intérêt fiscal des fonds communs de placement:
L’exemple de René
René souhaite investir 100 000 $. Il hésite entre une obligation et un fonds commun de placement. Ce dernier est plus avantageux d’un point de vue fiscal.
1er cas: René investit 100 000 $ dans une obligation qui lui rapporte 4 000 $ d’intérêt par année. Il doit donc ajouter 4 000 $ de revenu à son rapport d’impôt, ce qui risque d’accroître fortement le montant annuel des impôts à payer.
2e cas: René choisit d’investir 100 000 $ dans un fonds commun de placement et de retirer 10 000 $ par année. En supposant que ce fonds commun donne 10% de rendement annuel, il réalisera 1 000 $ de gain de capital avec son retrait. René n’aura donc qu’à ajouter 500 $ de revenu à son rapport d’impôt grâce à la baisse du taux d’inclusion sur les gains en capital. Il paierait ainsi moins d’impôt que dans le 1er cas.
Nombre d’années avant l’annulation des frais de rachat lorsqu’on achète des fonds à frais différés:
Groupe de fonds AGF 8 ans
Groupe de fonds AIC 7 ans
Fonds AIM 7 ans
Fonds mutuels C.I. 8 ans
Fonds d’investissement Dynamique 7 ans
Fonds Évolution 7 ans
Fidelity Investments 7 ans
Groupe de fonds Guardian 8 ans
Fonds ING 7 ans
Corporation financière Mackenzie 8 ans
Gestion financière Talvest 8 ans
Franklin Templeton Investments 7 ans
Fonds mutuels TD 7 ans
Fonds d’investissement Valorem 7 ans
1 an 6,0
2 ans 5,5
Exemple de la cédule des frais de rachat
Fonds: Fidelity Frontière Nord
3 ans 5,0 %
4 ans 4,5 %
5 ans 3,0 %
6 ans 1,5 %
7 ans 0 %







